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16 Mai 2013
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Discours
Mesdames, Messieurs les membres du Congrès;
Monsieur le Président du Forum sur la politique internationale de la conservation ;
Distingués invités ;
Mesdames, Messieurs ;
Je voudrais remercier le Président du Forum sur la politique internationale de la conservation des ressources naturelles pour m’avoir invité à ce Forum d’une grande importance pour notre planète, et surtout pour mon pays qui est exposé aux variations climatiques.
Mesdames, Messieurs ;
Nous autres sahéliens, mesurons sans doute, plus que d’autres aujourd’hui, les effets néfastes du changement climatique qui se traduisent par une sérieuse hypothèque sur la survie de pans entiers de nos sociétés.
A titre d’exemple, la disparition progressive du Lac-Tchad qui fait vivre plus de 30 millions de personnes réparties entre le Tchad, le Niger, le Nigeria, le Cameroun et même au-delà de ses frontières traditionnelles, tout comme l’ensablement du bassin du fleuve Chari et du fleuve Niger sont ressenties comme de véritables cataclysmes. En effet, les conséquences de cette disparition quasi annoncée de ces importantes ressources en eau, si les tendances actuelles se maintiennent, influeront de manière négative aussi bien sur les pays directement concernés que sur les autres situés plus loin et pour lesquels ces ressources jouent un rôle de véritables remparts contre la désertification.

C’est pourquoi, notre conviction profonde demeure qu’il est plus qu’urgent de développer une plus grande solidarité internationale afin de faire face aux problèmes actuels que posent les changements climatiques, avec comme conséquence immédiate la disparition des ressources naturelles.
Une telle solidarité devrait permettre d’envisager des solutions plus holistiques et plus inclusives. Elle devrait plus concrètement permettre d’envisager des solutions hardies telles que l’édification de la Grande Muraille Verte de l’Afrique ou encore le transfert des eaux de l’Oubangui afin de reconstituer le Lac-Tchad, pour ne citer que ces exemples-là.

En tant que Président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) et du Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), il ne me parait pas superflu de rappeler que si le monde attend beaucoup des Etats africains pour la sauvegarde de notre planète du fait du potentiel forestier que recèle nombre de ceux-ci, nos populations attendent aussi de légitimes compensations en vue de réduire leur dépendance à l’égard de ces ressources pour financer leur développement ou simplement pour assurer leur survie.
Mesdames, Messieurs ;

Quoi de plus normal pour nos populations que de recourir à l’utilisation de nos ressources naturelles pour la satisfaction de leurs besoins, en particulier énergétiques ? Mais en même temps, quoi de plus dangereux pour l’environnement, si l’on en croit les spécialistes ?
C’est pourquoi, nous devons nous engager résolument vers la recherche d’alternatives qui concilient à la fois nos exigences de développement et la nécessité de sauvegarder l’environnement.

A cet égard, les énergies solaire et éolienne nous paraissent des pistes les plus prometteuses. Nous devons donc, par conséquent, nous investir dans la recherche des solutions idoines en vue de promouvoir ce type de technologie. C’est dans cette perspective que le Tchad organisera en février 2012 le « Forum national sur les Energies Renouvelables ».

Aussi, devons-nous prendre conscience de la nécessité de rechercher des financements innovants pour nous permettre de faire face à ces nouveaux besoins.
Mesdames, Messieurs
Mais en attendant, le Tchad développe depuis quelques années une politique volontariste de la protection de l’environnement en général et surtout de la gestion rationnelle de ses ressources naturelles.

Nous menons un Programme de sensibilisation à l’endroit de toutes les composantes du pays, à savoir les partis politiques, les autorités administratives, religieuses et traditionnelles, les associations de développement, les leaders d’opinion et les médias. Par ailleurs, des prix d’excellence sont décernés aux personnes, communautés et autres groupements qui se sont faits distingués dans cette action d’intérêt national.

Des programmes d’éducation environnementale sont élaborés, introduits et vulgarisés au niveau des cycles primaires, secondaires et universitaires afin d’amener les jeunes à considérer l’arbre comme leur patrimoine commun et lutter efficacement pour la protection de la nature.

Pour le succès de toutes ces opérations, le Gouvernement travaille pour l’identification des domaines prioritaires où sont attendues les actions concrètes.
Des mécanismes de surveillance de la pollution et du couvert végétal, un cadre juridique attrayant, le reboisement dans nos régions, départements, sous-préfectures, cantons et villages sont mis en œuvre et d’autres sont prévus. La création et l’installation des pépinières dans toutes les circonscriptions ainsi que l’implantation des réseaux de distribution fluide de plants pour leur mise en terre. Le Gouvernement envisage aussi de créer un Fonds en faveur de la protection de la nature.

Toutes ces actions visent à amener les Tchadiens à comprendre les forces interdépendantes qui modulent leur vie et leur avenir ; attirer leur attention sur les types d’actions nécessaires pour leur permettre de maximiser les chances d’assurer leur survie et leur bien-être par l’exploitation rationnelle de la nature sans la détruire. Bref, améliorer leur qualité de vie.

Nous entendons également renforcer la coopération en matière de protection de l’environnement avec les organisations internationales spécialisées et les autres partenaires au développement en vue d’atténuer les conséquences néfastes de gaz à effet de serre et rendre plus sain notre environnement.
Je vous remercie pour votre bien aimable attention.
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