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DISCOURS du Président de la République

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Monsieur le Président de la République Centrafricaine et cher Frère;

Mesdames les Premières Dames de la Centrafrique et du Tchad,

Messieurs les Anciens Présidents,

Messieurs les Présidents des Grandes Institutions,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations Internationales

Populations du Moyen-Chari,

Sarhoises, Sarhois

Nous sommes aujourd’hui à Sarh, chef-lieu de la région du Moyen-Chari, pour commémorer le 19ème anniversaire de la Journée de la Liberté et de la Démocratie. Et cela, selon la formule des fêtes tournantes que nous avons déjà célébrées à Moussoro en 2003 ; Gounou-Gaya en 2004 ; Fada en 2005 ; Kyabé en 2006 ; Mao en 2007 et Baïbokoum en 2008. Je voudrais, en votre nom, remercier le Président de la République Centrafricaine, mon frère FRANCOIS BOZIZE, et la Première Dame de la Centrafrique, ma sœur MONIQUE BOZIZE qui ont bien voulu se joindre à nous à cette occasion solennelle. C’est un geste fort qui confirme l’excellence des liens très étroits entre les populations tchadienne et centrafricaine.

A vous, laborieuses populations du Moyen-Chari et de Sarh, j’adresse mes sincères remerciements et toutes mes félicitations pour l’accueil exceptionnel que vous avez réservé, non seulement à nos illustres hôtes centrafricains, à vos frères et sœurs d’autres régions du pays, mais aussi et surtout à toutes les délégations qui ont effectué le déplacement de Sarh.

C’est un grand moment de communion que nous partageons aujourd’hui, communion autour d’un noble idéal, la Liberté chèrement acquise. Oui, cela fait déjà 19 ans que les enfants du Tchad ont consenti le sacrifice suprême pour se débarrasser de l’une des dictatures les plus féroces du 20ème siècle.
Depuis lors, le peuple tchadien veille jalousement sur cet acquis fondamental. Il est vrai que les ennemis de notre marche ont voulu et tenter pendant ces 19 années de remettre en cause ces acquis. Mais jamais, au grand jamais, notre ardeur et notre amour pour ce pays ne se sont émoussés, car nous sommes au service d’un grand et beau pays ; nous sommes au service d’un peuple digne et fier : le peuple tchadien. Rien ne nous détournera de la voie que nous avons choisie.
Votre forte mobilisation que nous vivons aujourd’hui à Sarh, est le signe que vous partagez bien cette noble conviction. C’est pourquoi, je suis heureux de vous dire que votre sœur, la Première Dame du Tchad, et moi-même, sommes fiers de nous retrouver à nouveau en cette circonstance historique à Sarh, ville centenaire, terre d’hospitalité légendaire.

Mes frères et sœurs,
Comme je l’ai promis le 4 Décembre 1990 dans mon adresse à la Nation, mon engagement pour l’épanouissement politique, le développement économique et social de notre pays est un credo sincère. Je n’ai à aucun instant douté de la justesse de cette cause. Après les succès remportés sur le terrain politique avec notre jeune démocratie qui se renforce chaque jour davantage, nous sommes fiers de noter avec les observateurs les plus avisés que le Tchad est en chantier. C’est dans ce cadre là que la ville de Sarh, à l’instar des autres villes du pays bénéficie et bénéficiera d’infrastructures socio-économiques. La ville de Sarh doit retrouver son lustre d’antan et demeurer la locomotive de notre politique de développement local basé sur une industrialisation maîtrisée. C’est dans ce sens que nous avons procédé à la construction de l’usine de filature et de tissage. Cette usine va créer des emplois pour les jeunes de la région.

L’ouverture de la ville de Sarh sera améliorée avec le bitumage de la route Koumra-Sarh ainsi que par la construction du pont sur le Chari à Hélibongo, d’un nouvel aéroport aux normes internationales tout en réhabilitant l’actuel aéroport. Cette œuvre de construction de la région du Moyen-Chari s’intensifiera lorsque nous aurons amorcé le bitumage de la route Sarh-Guélendeng et la construction d’une route la reliant à Abéché. La ville de Sarh est la deuxième après N’Djaména à bénéficier d’un premier volet de 20 kilomètres de rues bitumées.Vous avez l’une des régions les plus riches du Tchad. Les cours d’eau sont nombreux et riches en ressources halieutiques ; une faune abondante ; une flore peuplée d’essences nourricières telles que le Karité et le Néré ; un sol riche. Toutes ces potentialités doivent être exploitées par vous. Car, sachez-le bien, personne ne le fera à votre place. Le développement d’un pays, c’est aussi l’intégrité des hommes et des femmes qui l’habitent.

Malheureusement, il existe une catégorie d’agents des secteurs public et privé qui, par leurs comportements, freinent l’avancée de notre pays vers la modernité. Ces individus prennent trop de liberté dans la gestion de biens publics. Dorénavant, ces libertés seront durement réprimées. Les auteurs des abus sociaux, de détournements de biens publics, les corrupteurs et les corrompus seront traités comme tel. Les bakchichs et autres commissions doivent cesser et cela à tous les niveaux de l’administration. Un agent de l’Etat ne doit pas prendre de l’argent chez un usager pour n’importe quel motif. Que cela soit clair pour tout le monde.

Mettez-vous au travail. La richesse se crée, elle ne tombe pas du ciel. Travaillez, travaillez et vous serez heureux. Seul le travail libère. C’est le lieu d’en appeler à une meilleure exploitation de la richesse que constitue pour vous l’apport des autres. Une terre d’hospitalité par excellence, le Moyen-Chari et Sarh ont dû leur développement grâce aux autres communautés venues du Tchad et d’autres pays d’Afrique et d’Europe. Ces communautés allogènes qui se sont intégrées forcent notre admiration par le respect qu’elles doivent à leurs co-régionaires. J’invite, du haut de cette tribune, toutes les filles et tous les fils du Moyen-Chari et de Sarh à maintenir toujours allumé le flambeau de l’entente et de la cordialité légué par les fondateurs de cette ville.

Vous devez prôner la paix partout, à l’école, au marché, dans les stades. Faites la paix des cœurs. Chacun et chacune de vous doit être un apôtre de la paix. Non à la violence dans nos foyers, non à la violence dans nos écoles. La violence a fait trop de mal à ce pays. Alors, donnons-nous la main.
Vous aurez besoin de ce climat pour mieux affronter la nouvelle donne qui se profile à l’horizon. Car, comme chacun le sait, l’année prochaine, l’élection des députés et des conseillers municipaux sera une réalité chez nous.

Populations du Moyen-Chari,
Sarhoises, Sarhois

L’histoire de notre pays nous a montré que votre région, le Moyen-Chari, a donné à la nation de grands commis de l’Etat. Ces hommes et ces femmes dont certains ont été de grandes figures de notre pays, ces hommes et ces femmes, dis-je, font la fierté du Moyen-Chari par leur sens élevé du devoir. Je voudrais saluer la mémoire de ceux qui ne sont plus et vous encourager à suivre leur exemple. Et comme vous le savez, le meilleur moyen d’être utile à son pays passe par l’éducation. Alors, inscrivez vos enfants à l’école. Nos enfants sont le roc sur lequel repose le pays, ils sont l’avenir du pays. Malheureusement, nous constatons que beaucoup de parents de la région du Moyen-Chari se livrent à des pratiques d’une époque révolue. Nous voulons évoquer le trafic des enfants qu’on appelle pudiquement le phénomène des enfants bouviers. Cette pratique honteuse doit immédiatement cesser. Les auteurs, qu’ils soient parents, éleveurs et intermédiaires, doivent être châtiés.

Les lois de la République doivent leur être appliquées dans toute leur rigueur. Les chefs traditionnels et religieux, les autorités administratives doivent s’investir pour arrêter ce que je qualifie de traite négrière.

Cela dit, heureusement que les femmes n’ont pas failli. Dans cette entreprise de construction du Tchad, je les félicite. Elles sont les premières à se lever et les dernières à se coucher. Nos sœurs, nos mères et nos épouses, sont les principales forces de production. Tchadiennes, mes sœurs, vous êtes la vie. Je vous respecte et vous aime.

L’accord politique que les chefs des partis politiques ont signé, garantit des élections libres, transparentes et démocratiques. Faites en sorte que les meilleurs d’entre vous puissent siéger à la nouvelle assemblée nationale. Faites en sorte que vos villes soient dirigées par des personnalités qui les feront prospérer. Le moment me parait indiqué pour inviter les Sarhois à un sérieux examen de conscience.
Deuxième ville après N’Djaména jusqu’à une période récente, Sarh a perdu de son entrain. Les investissements que le Gouvernement vient d’y réaliser dans le cadre qui nous réunit aujourd’hui, ces investissements dis-je, doivent servir de rame de lancement à une gestion locale démocratique et plus efficace et porteuse de bien-être pour les populations.
Aux hommes d’affaires, aux acteurs de la société civile, ceux qui aiment la ville, je lance un appel pressant pour plus d’initiatives louables.

En terminant mon propos, je renouvelle à chacun et à chacune de vous ma totale satisfaction pour toutes les attentions mises à notre accueil, en particulier à la presse nationale qui, en quelques mois, a pu faire rayonner l’image du Tchad à travers le monde avec une maitrise parfaite de la technologie pour faire vivre en temps réel les événements heureux comme celui qui nous réunit aujourd’hui. Et comme nous tournerons dans quelques heures la page de 2009, je souhaite au Moyen-Chari et à la ville de Sarh. Bonne année 2010.

Vive Sarh
Vive le Moyen-Chari
Vive le Tchad
Je vous remercie.

 

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