| Mes frères et sœurs,
Aujourd’hui, nous vivons un jour exceptionnel. Prions Allah de nous guider pour tourner définitivement et sincèrement la page sombre de la guerre empreinte de sang et de destruction. Oui, c’est bien IDRISS DEBY ITNO qui vous parle, un Tchadien, donc votre frère. J’ai décidé de venir à Khartoum pour tendre à mon Frère Oumar Hassan Ahmat Al Bachir et à tous mes frères et sœurs soudanais la main sans contrainte, ni pression aucune.
Je remercie le Tout puissant pour l’occasion qu’Il m’offre de m’adresser à vous aujourd’hui et à travers vous à tout le peuple frère du Soudan.
Au Peuple soudanais, au Gouvernement et à mon Frère Oumar Hassan Ahmat Al Bachir, j’adresse mes cordiales et fraternelles salutations et exprime mes sincères remerciements pour l’accueil chaleureux et fraternel qui m’a été réservé.
Très Chers frères et Sœurs,
Le Tchad a traversé des années de désolation dont nous porterons longtemps les cicatrices. Les douloureux évènements vécus par nos deux pays, ont porté préjudice à nos relations historiques et fraternelles.
Nous sommes deux soldats, nous connaissons, donc, le prix de la guerre et sommes bien placés pour comprendre que faire la paix exige plus de courage et d’honnêteté que faire la guerre. Et toute guerre ne vaut pas les sacrifices qu’on y consent si elle ne se conclue pas par une paix. Cela est vrai surtout pour les conflits fratricides comme le nôtre.
Les pertes et les souffrances de l’un de nos pays n’apportent aucun avantage à l’autre. Au contraire, nous ne faisons qu’accentuer les malheurs de notre population qui est inséparable.
Aussi, ces souffrances nous commandent-elles, en tant que dirigeants, de nous entraider dans la résolution des conflits tant en notre sein qu’entre nos Etats.
En dépit de tout ce qui s’est passé entre nous, ma foi en la fraternité, à la paix et au destin commun du Tchad et du Soudan demeure intacte.
Je suis venu le cœur ouvert et la main tendue pour écrire une nouvelle page de nos relations. Je n’ai pas de doute que les mêmes sentiments et la même volonté animent mon Frère le Président Omar Hassan Ahmat Al Bachir.
Mon devoir et celui de mon Frère le Président Al Bachir est de normaliser nos relations bilatérales, profondément affectées par la crise du Darfour.
Ce dialogue a abouti à l’Accord de normalisation de nos relations et au protocole de sécurisation de nos frontières. Dans cette nouvelle dynamique, il nous faut pousser la logique jusqu’au bout. C’est le but de ma présence parmi vous aujourd’hui.
Mais une accalmie ne suffit pas. Quelque soit leur qualité, les accords et les protocoles seuls ne peuvent ramener la confiance si le politique n’y met pas du sien. Il est temps de nous surpasser pour sceller cette paix pour laquelle nos peuples prient nuit et jour.
Si je suis parmi vous, aujourd’hui, ce n’est pas pour de simples accolades. Je suis venu pour que nous transformions l’accalmie actuelle en paix définitive. Pour ce faire, il faut éliminer les causes de nos différends.
En faisant ce pas envers mes frères et sœurs soudanais, je n’oublie pas les efforts fournis par tous les frères et amis de nos deux pays.
Je saisis cette occasion pour féliciter et remercier tous les dirigeants des pays frères et amis qui ont œuvré inlassablement depuis des années pour ramener la paix entre le Tchad et le Soudan.
Monsieur le Président ;
Chers Frères et Sœurs
Il vous souviendra qu’au début de la crise du Darfour, nous regardions dans la même direction et travaillions la main dans la main pour la résolution de celle-ci.
Ma disponibilité est toujours totale si le Soudan le veut bien. Je me permets à ce niveau d’affirmer qu’il n’y a pas de solutions militaires à la crise du Darfour. La longue expérience de votre pays le montre à suffisance. Il faut que tout le monde fasse preuve de dépassement.
Aux frères du Darfour en armes, je lance un appel pressant à la cessation des hostilités définitives.
Au Gouvernement, je demande une plus grande flexibilité pour permettre à tous ceux qui veulent regagner la légalité de le faire dans la quiétude et la dignité.
A tous, je dis que le processus de Doha que le Tchad soutient sans réserve est le cadre pour faire cette paix tant souhaitée.
Je saisis l’occasion de mon séjour à Khartoum pour dire à mes frères Tchadiens qui, pour une raison ou une autre, ont choisi la voie de la violence, d’opter pour la voie de la raison et de rentrer au pays.
Je voudrais ici, de la manière la plus solennelle, réitérer à leur endroit ma conviction de toujours, à savoir que pour moi la guerre n’est pas une solution à nos problèmes, et les inviter, notamment ceux de mes compatriotes vivant au Soudan, à regagner le pays et abandonner les armes.
Je m’engage à leur assurer toutes les garanties de sécurité pour leur permettre de s’insérer honorablement dans la vie publique et civile du pays pourvu qu’ils respectent les institutions, lois et règlements du pays.
Le pouvoir n’est plus au bout du fusil mais dans l’urne. Et à cet effet, les conditions d’une compétition pacifique pour les élections libres, démocratiques et transparentes sont désormais réunies au Tchad.
Très Chers Frères et Sœurs
Il nous faut impérativement mettre un terme aux malentendus et à l’incompréhension qui ont caractérisé nos rapports depuis plusieurs années. Nous sommes sur la bonne voie. C’est dans cet esprit que j’ai décidé de venir à Khartoum
Avant de terminer mon propos, je voudrais dire à mon Frère Oumar Hassan Ahmat Al Bachir que le peuple tchadien attend de l’accueillir dans les tous prochains jours à N’Djaména. Donnons-nous la main.
Choukran. |