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samedi 15 décembre 2012

Président

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Le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a reéu en audience ce samedi les évéques du Tchad, conduits par le président de la Conférence Episcopale, Monseigneur Jean Claude Bouchard

Monsieur le Président et Cher Frère ISSOUFOU MOHAMADOU ; Monsieur le Président et Cher Frère GOODLUCK JONATHAN ; Monsieur le Premier ministre centrafricain ; Mesdames, Messieurs les Chefs de Délégation ; Mesdames, Messieurs les Présidents Directeurs Généraux et Directeurs Généraux des Institutions Partenaires Techniques et Financiers ; Mesdames, Messieurs les Secrétaires Exécutifs des Conventions et des Institutions spécialisées ; Distingués Invités ; Mesdames, Messieurs Dans léélan de la Conférence sur le Développement Durable, vous avez accepté de sacrifier une partie de votre précieux temps pour répondre à notre invitation à cet atelier sur la réhabilitation du Lac Tchad. Céest pourquoi, je ne peux méempêcher, avant tout autre propos, de vous remercier pour votre présence massive. Cela dénote de léimportance que vous accordez à la problématique de la disparition programmée du Lac-Tchad. Mesdames, Messieurs, Une mer intérieure devenue lac, connaît ces cinquante dernières années, un assèchement drastique. Plus de trente millions déhabitants vivant directement ou indirectement des activités de pêche, déagriculture, déélevage, de commerce, sont ainsi menacés par les effets collatéraux de ce phénomène naturel. Je dis bien, plus de trente millions de personnes sont victimes de léinsécurité alimentaire, de léinsécurité économique, de léinsécurité tout court, élément fondamental de la liberté, dans cet espace lacustre. Léassèchement du Lac par une conjonction de facteurs climatiques et anthropiques, la rareté des ressources naturelles et la précarité des conditions de vie des populations riveraines qui en découlent nous interpellent tous, parce que le Lac Tchad est notre richesse et notre avenir communs. A cet effet, je voudrais dire que la sauvegarde du Lac Tchad est une préoccupation majeure qui ne doit pas concerner seulement la Commission du Bassin du Lac Tchad, en tant quéinstitution sous régionale, et les pays membres, elle doit être celle de la Communauté Internationale. Etant entendu que si rien néest fait pour inverser la tendance à la dégradation de ses eaux et de ses terres, les conséquences de notre inaction seront certainement irréversibles et très dommageables pour les populations riveraines et les générations futures. Au-delà, elles le seront pour léAfrique et pour léhumanité toute entière. Je voudrais aussi rappeler cette évidence que le bassin du Lac Tchad, par ses nombreux écosystèmes forestiers et aquatiques, constitue un bouclier naturel de protection au Nord du Bassin du Congo contre la progression du désert. Mesdames, Messieurs ; Cette tribune méoffre léopportunité de faire la relation entre la menace de la disparition du Lac Tchad et les enjeux spécifiques de Rio pour léAfrique. Ces enjeux sont les mêmes, de sommet en sommet, et deviennent aussi prégnants quéinsatisfaisants. Déabord léenjeu institutionnel : il faut doter les Nations unies déune véritable institution environnementale, avec une capacité de proposition et des moyens instamment financiers, pour avancer des solutions concrètes au niveau des urgences humanitaires : accès aux biens publics, déabord à léeau et à léénergie, lutte contre la désertification par un reboisement avec soutien à la Grande Muraille Verte, sauver des régions en perdition, à léinstar du Lac Tchad qui perd son eau et précarise une population nombreuse, estimée à plus de trente millions de personnes. Léheure est venue pour les Nations unies de se responsabiliser vis-à-vis de léAfrique, céest-à-dire déagir à deux niveaux : léurgence sociale et léingérence sécuritaire. Léingérence sociale : la crise montre que céest une préoccupation mondiale, mais elle se pose en Afrique de manière dramatique. Nos jeunes générations, y compris nos jeunes diplômés, sont sacrifiées. Pas de travail, pas de formation adaptée, très peu dééchanges y compris éducatifs avec les pays industrialisés. Il ne saurait y avoir de développement durable sans se préoccuper déouvrir à nos jeunes un espoir de travail, de mieux se former et dééchanger avec les jeunes générations des pays industrialisés. La vie économique à bon dos en sacrifiant les parts déaide au développement à leur portion congrue. Nos jeunes sont en déshérence et crient à vos portes pour quéon leur trouve une voie sociale, céest-à-dire un travail décent. Le développement durable, mutilé de son volet social, est un développement qui ne mène nulle part, sinon au pillage des richesses sous toutes ses formes. Ce qui nous conduit à la troisième considération inhérente au développement durable que la sécurité et développement vont de paire. La sécurité des biens et des personnes, mais aussi des territoires. Ce qui ronge notre région est une instabilité qui conjugue la violence sociale des jeunes en déshérence, une délinquance juvénile et déséuvrée, et un certain fondamentalisme religieux qui abuse les gens par la religion. Nous sommes devant une situation explosive qui résulte des conflits mal grés et réglés, ou insuffisamment pacifiés comme au Soudan et en Libye, avec comme ses conséquences négatives des milices sans foi ni loi qui ont choisi léAfrique comme terrain déexpérimentation du terrorisme et de léinstabilité. Ces forces du mal doivent être combattues. Céest pourquoi, lors du dernier sommet de la CBLT tenu à NéDjaména, avec mes collègues, chefs déÉtat, nous avions mis au premier rang de nos préoccupations la sécurité, sans laquelle, il ne saurait y avoir de développement. Sans la sécurité, il néy a ni liberté, ni possibilité déavancer des solutions aux problèmes du réchauffement climatique, de léaccès aux biens publics, de la déforestation et déune meilleure gouvernance. Mesdames, Messieurs ; On parle de sécurité alimentaire et on a raison. On parle de sécurité énergétique et on a raison. Je pourrais énumérer toutes les autres sécurités indispensables à léHomme pour quéil travaille, agisse et trouve sa place. Mais ces sécurités quotidiennes sont impossibles sans une sécurité globale des territoires. Et cette démarche est au céur du développement durable en Afrique. Aujourdéhui et demain. Ici à Rio, où nous consacrons le développement durable, sachons que négliger léAfrique serait entravé un développement durable et équitable pour léAfrique et le monde. Mesdames, Messieurs Je viens de démontrer par mes propos le lien qui existe entre la problématique de la sauvegarde du Lac Tchad dans notre vision pour un développement durable pour léAfrique. Céest dire que la sauvegarde du Lac Tchad concerne et interpelle toute la Communauté internationale. Je me convaincs de la disponibilité de vos institutions et même de celles qui ne sont pas parmi nous à accompagner la Commission du Bassin du Lac Tchad afin quéelle relève ce défi planétaire à la fois environnemental, socio-économique et humanitaire. Je ne doute pas des échanges fructueux que nous aurons au cours de cet atelier et certainement à déautres occasions ultérieures.

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