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jeudi 26 juin 2014

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE, MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE SUR L’AGRICULTURE ET LA SECURITE ALIMENTAIRE (Malabo le 26 Juin 2014)

Monsieur le Président de la République d’Angola et Très Cher Frère ; Monsieur le Président de la République du Congo et Très Cher Frère ; Mesdames, Messieurs. Avant d’aborder le sujet qui nous réunit aujourd’hui, je voudrais, au nom de la délégation qui m’accompagne et en mon personnel, adresser au peuple frère d’Angola, au Gouvernement angolais et à mon frère, le Président JOSE EDOUARDO DOS SANTOS, mes plus vifs remerciements pour l’accueil chaleureux et fraternel qui nous a été réservé depuis notre arrivée dans cette belle ville de Luanda. Je voudrais également me féliciter de l’heureuse initiative du Président José Edouardo DOS SANTOS d’organiser cette rencontre tripartite Congo-Tchad-Angola. Celle-ci devra nous permettre d’échanger et de nous concerter très utilement sur les questions d’importance concernant notre sous région et notamment sur la situation de la République sœur de Centrafrique qui demeure très préoccupante. Dans notre quête permanente pour la paix et la sécurité en République centrafricaine, nous devons agir de manière concertée et en synergie. C’est pourquoi, je salue et loue tous les efforts de mon cher frère et ami José Edouardo Dos Santos, Président de la République d’Angola pour sa sensibilité à la question et son implication de plus en plus forte dans la recherche de la paix en Centrafrique. Notre concertation d’aujourd’hui s’impose au regard de l’évolution de la situation sur le terrain ces derniers temps. Mesdames, Messieurs ; La République Centrafricaine connaît, certes, une instabilité politique depuis 1996 avec les différents régimes qui se sont succédé mais la situation politique et sécuritaire qu’elle vit depuis décembre 2013 est plus que dramatique. La CEEAC a donné l’alerte dès les premiers signes pour prévenir le débordement et circonscrire la situation. Dans le cadre de notre organisation sous régionale, nous avons attiré l’attention des frères centrafricains sur les risques qu’ils encourent en provoquant une telle situation. En moins d’un an, la CEEAC a tenu six sommets extraordinaires pour tenter de réconcilier les frères centrafricains et éviter que le pays ne sombre dans la crise. Malheureusement les calculs politiciens et les considérations individuelles et partisanes ont pris le dessus sur la noble action entreprise par les Chefs d’État de la CEEAC et les partenaires de l’Afrique. Les conséquences humanitaires de cette crise ont été dramatiques. Des milliers d’innocents ont été massacrés souvent à cause de leur appartenance religieuse. Des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir leurs maisons et leur pays pour se refugier dans les États voisins, notamment au Cameroun, en République Démocratique du Congo et au Tchad. La communauté tchadienne vivant en RCA a payé un lourd tribut dans ces violences gratuites. Des milliers des tchadiens ont perdu la vie, victimes de la barbarie et de la xénophobie. Cent Dix Mille (110.000) autres n’ont eu la vie sauve que grâce à l’opération de rapatriement d’urgence organisée par le Gouvernement tchadien. A ces conséquences humanitaires s’ajoutent les pertes incalculables des biens matériels dont a été victime la communauté tchadienne. Mesdames, Messieurs ; En dépit de la présence des forces internationales (MISCA et SANGARIS), l’escalade de la violence en Centrafrique, sur fond politico-confessionnels, a atteint des proportions inquiétantes et inacceptables. Comme chacun le Sait, il n ya pas pire conflit que celui qui utilise la religion pour assouvir des desseins inavoués. C’est pourquoi, nous lançons un appel, du fond du cœur, aux frères et sœurs centrafricains à prendre conscience de la situation de leur pays et de l’abîme dans lequel ils l’ont plongé. Ils doivent se surpasser, taire leurs divergences et leurs querelles stériles pour penser à son devenir. Tout en interpelant la conscience de nos frères et sœurs centrafricains, nous tenons à leur réitérer notre solidarité et notre soutien. En tant que Chefs d’État des pays de la sous région, nous serons toujours à leurs côtés pour explorer, ensemble, avec eux, les pistes de sortie de crise, les voies et moyens de mettre fin à la spirale de la violence et à ce conflit fratricide inutile. Mon pays le Tchad, aux côtés des États membres de la CEEAC et les partenaires de l’Afrique, ne ménagera aucun effort pour soutenir la Centrafrique et appuyer toute action visant à y restaurer la paix et la sécurité. Aussi voudrais-je réaffirmer l’attachement de mon pays à l’unité et la stabilité de la Centrafrique et exprimer le vœu ardent de voir ce pays voisin et frère de revenir rapidement à une vie constitutionnelle normale. Je vous remercie.

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