Unité - Travail - Progrès
samedi 15 décembre 2012

Président

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Le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a reéu en audience ce samedi les évéques du Tchad, conduits par le président de la Conférence Episcopale, Monseigneur Jean Claude Bouchard

M. le Président, la célébration de ce 11 août intervient seulement 3 jours après la célébration du 1er anniversaire de votre investiture. A un an de votre anniversaire, êtes-vous un Président satisfait ou vous pouvez dire je peux mieux faire ? Tout déabord, je vais profiter de cette très grande occasion du 52ème anniversaire de léaccession à la souveraineté internationale de notre pays pour souhaiter une bonne année à notre beau pays, la paix et la stabilité, conditions sine qua none pour tout pays en voie de développement. Nous avons vécu le 08 août et nous vivons le 11 août, deux événements importants et successifs qui arrivent au même moment. Il me parait très difficile de se juger soi-même. Dans mon cas, jéai toujours souhaité laisser aux Tchadiens le soin de me juger. Je suis au début de mon mandat, il me reste 4 ans. Je dirai satisfait ou non satisfait quand jéaurai terminé mon mandat si Dieu le veut. Pour le moment, je ne me plains pas par rapport à tout ce que jéai promis au peuple tchadien et mes propres ambitions que je nourris pour ce pays. Je néai pas à me plaindre et je ne dirai pas que jéai réussi ou non, mais le temps viendra où les Tchadiens verront eux- mêmes le résultat de mon bilan et me diront eux-mêmes ce quéils pensent. Le Tchad indépendant a 52 ans. Etes-vous satisfait des élections issues de léaccord du 13 août 2007 ? Oui. Léaccord du 13 août a été une des causes fondamentales de toutes les actions que les hommes politiques de ce pays ont posées. Il y a eu des rencontres, des guerres, des déchirures, des accords multiples. La différence est que léaccord du 13 août a tracé une sorte de feuille de route pour léensemble de la classe politique. Cet accord a eu léadhésion totale de la société civile, de la communauté internationale et bien sûr, des Tchadiens et Tchadiennes de léintérieur et de léextérieur. La mise en éuvre de cet accord, sous lééil vigilant de léensemble des acteurs politiques, des acteurs de la société civile et des partenaires, a été un élément essentiel, en partie, de la paix que nous vivons pratiquement depuis 2008. Céest un élément de concorde nationale, de retrouvailles. Au moins une fois depuis léindépendance, les Tchadiens ont abandonné, dans une grande majorité, léoption de la violence. Léaccord du 13 Août a été une réussite, les résultats sont là. Particulièrement, vous les journalistes, vous avez été des acteurs vigilants dans la mise en éuvre de cet accord, voire de ce résultat. Je crois que céest un exemple qui peut servir à déautres pays en Afrique ou ailleurs qui sont en mal de stabilité. Déailleurs, céest pour cela que léaccord du 13 Août a pris fin avec les élections communales de janvier 2012. En lieu et place de cet accord, quéest-ce que vous proposez en tant que garant pour maintenir le dialogue ? Jéavais proposé avant même les élections locales, aux acteurs politiques, de trouver un autre cadre en lieu et place de léaccord du 13 Août. Malheureusement, jusquéaujourdéhui, quelques acteurs politiques sont en train de travailler, nous les attendons. Il semble quéils ont quelques difficultés, mais personne néest encore venue vers nous. Jéespère quéils vont dépasser ces difficultés et trouveront un autre cadre. Ce que nous avons réalisé les 2, 3 ou 4 dernières années dépassent de très loin en termes de résultats socioéconomiques. Il y a eu des projets concrets en faveur de la lutte contre la pauvreté dans léensemble de la vie nationale. Il faut donc un cadre de dialogue permanent entre les acteurs politiques et les partenaires sociaux. Ceux qui en ont la charge travailleront et mettront en place assez rapidement ce cadre de dialogue et de concertation, pour permettre à notre pays de continuer dans cette lancée. Dans léaccord du 13 Août, la société civile a été oubliée. Dans le futur cadre, est-il possible déimpliquer celle-ci ? Céest un processus où, au départ, tout le monde estimait que cela ne concernait pas la société civile. La société civile nous attaque, céest un problème déincompréhension. Je crois quéaujourdéhui, nous sommes en train de réfléchir sur un modèle différent qui puisse aussi mettre la société civile dans ce dialogue national. Que la société civile soit à quel niveau, il appartient à ceux qui en ont la charge de nous déterminer. Je crois que nous néavons pas eu tort ; nous avons fait comme il le fallait. Même si la société civile néest pas partie prenante, elle doit éuvrer pour cet accord ; elle doit appuyer cet accord. Ce programme que jéai rendu public est un programme qui a visage restreint et qui a un âge aussi. Il y a des choses qui en son temps étaient possibles de les réaliser à court terme, à moyen terme et à long terme. Il va de soi que tout ce que jéavais promis de faire est un devoir de tenir des engagements. Personnellement, je néai pas des inquiétudes, quant à la réalisation des engagements que jéai pris personnellement. Il faut savoir que le chantier est vaste. Pour léensemble des secteurs de la vie nationale, tout est prioritaire. Nous allons bien sûr cadrer léensemble de nos actions par rapport aux ressources que disposent notre pays et qui sont connues de tout le monde. Léon parle beaucoup des ressources pétrolières et mais aussi des ressources hors pétrole. Ce néest un secret pour personne puisse que cela passe par léAssemblée Nationale. Dans les échanges de ces ressources, il y a des institutions et des mécanismes qui sont mises en place, pour chaque tchadien qui séintéresse puisse suivre comment ces ressources sont gérées. De ce point de vue, il néy a pas de difficultés majeures. Donc en un an, nous avons fait le cadrage de ce nous devons faire. Nous avons commencé certains de nos projets majeurs. Nous tiendrons nos engagements vis-à-vis du peuple tchadien. Monsieur le Président, au cours de votre mandat actuel, vous consacrez les trois premières années au monde rural en mettant à sa disposition des tracteurs. Aujourdéhui, il y a eu des inquiétudes par rapport à ceux qui sont censés mettre ces engins à la disposition des producteurs... Vous savez, céest un projet gigantesque que nous avons lancé. La mécanisation de léagriculture dans notre pays ne séarrêtera pas seulement aux tracteurs. Nous allons encore acheter déautres matériels plus performants et plus productifs que les tracteurs. Les tracteurs, céest encore un début, céest-à-dire nous partons de léagriculture traditionnelle, nous allons vers une agriculture de qualité et de quantité afin de se mettre à léabri de léinsécurité alimentaire. Cependant, comment séorganiser ? Quels sont nos moyens et quelles sont nos ressources pour parvenir à cela ? Les moyens sont là : ce sont les hommes, les femmes formés que nous allons continuer à former. Ce sont les hommes et les femmes qui vivent et qui produisent et qui vont continuer à produire sans aucune assistance, paysans, agriculteurs, éleveurs et les moyens que léÉtat mettra à leur disposition. Léorganisation, le gouvernement séen chargera. Ça va coûter cher à léÉtat. Pour les trois premières années, léÉtat va continuer à appuyer les paysans. Je vous donne un chiffre simple : rien que pour le labour, les tracteurs que nous avons distribués ont couté cinq milliards de FCFA au trésor public, y compris léentretien, les tractoristes et la prise en charge totale. Maintenant, ce que nous avons constaté, le gouvernement doit agir. Céest une organisation locale, les paysans, les groupements doivent séorganiser avec les moyens mis à leur disposition durant les trois premières années. Les conducteurs agricoles et les ingénieurs du ministère de léagriculture vont continuer à encadrer les paysans pour faire en sorte quéils soient à mesure de produire en quantité. Nous avons également osé en investissant dans le domaine de la recherche. LéITRAD néa pas obtenu un résultat satisfaisant. Nous ne pouvons pas développer léagriculture sans la recherche. Céest sur cette base là que nous avons lancé la commande des tracteurs. LéITRAD produit des semences améliorées qui donnent des résultats importants. LéITRAD dispose des semences de riz de meilleure qualité qui dépassent de très loin le riz vietnamien. Céest lééuvre de vos chercheurs ici à léITRAD. Ce sont ces semences là que nous avons distribuées sur léensemble du pays où on peut cultiver. Nous avons donc distribué à temps ces semences à tous les paysans au même moment. En plus de cela, nous avons distribué gratuitement des engrais aux producteurs, léencadrement est gratuit. Il faut savoir que nous avons investi en 4 ans 6O milliards pour aménager les périmètres irrigués sur léensemble du territoire, les travaux continuent. En lançant les 100.000 ha quéil fallait aménager, nous les atteindrons vers fin 2014. Monsieur le Président, près de 1000 tracteurs ont été distribués et quelques 9000 ha seront labourés. Notre agriculture dépend encore de la pluie. Que faire pour résoudre cela ? Quand je parle des aménagements, jéai bien dit des aménagements irrigués. Il séagit des périmètres irrigués pour produire et non pas pour être totalement dépendant de la pluie. Nous allons aménager 100.000 ha autour de nos lacs. Au terme de ces 100.000 ha, nous allons aménager encore déautres : céest un vaste programme piloté par le PNSA. Céest un organisme géré par le ministère de léagriculture avec des ressources nationales essentiellement. Jusquéaujourdéhui, le PNSA néa pas eu un seul sou de léextérieur, en dehors du budget de léÉtat. Céest donc un projet déaménagement hydro agricole. Il y a des résultats des recherches. Nous avons déjà les premiers tracteurs. Il nous faut atteindre les 5.000 tracteurs que nous devons distribuer. Parlant de la formation, il faut séarrêter un peu pour voir, nous allons créer aussi, séil est nécessaire, une école de formation des tractoristes, dans léenceinte même de léusine qui monte les tracteurs. Le premier élément important pour la vie déun homme est la nourriture. Céest un objectif majeur que nous devons atteindre avec nos ressources propres. Il néy a pas de raison que déici 3 ans, 4 ans, voire 5 ans, nous ne soyons pas en mesure déatteindre ces objectifs, quéil néy ait pas de pluie et quéil y ait une pénurie de céréales ou la famine. Nous allons mettre en valeur les fleuves que nous avons. Dans plusieurs de nos régions, il y a de léeau et il y a des possibilités de produire aussi. Il y a évidemment un problème que les Tchadiens doivent comprendre, surtout au niveau des cadres. Il faut comprendre que rien ne tombe du ciel et tout séobtient par la sueur et par le travail. De tous les pays développés, nous avons envie déaller chez eux par ce quéils sont bien. Mais, ils ont souffert pour y arriver. Céest le fruit de la sueur quéils ont versée quéils sont en train de récolter. Tout le monde doit se convaincre que céest par le travail quéon peut mieux vivre. Quand on est un homme libre, céest par le travail quéon est un rentable pour la société. Les jeunes et les femmes font léobjet de vos préoccupations. Jusquéà ce jour, quéest-ce qui a été fait en leur faveur ? La question des jeunes et des femmes doit être la préoccupation de tous les responsables à tous les niveaux. Ce sont des bras valides qui produisent mais qui sont aussi des couches très vulnérables. Ils assurent aussi léavenir du pays. Il y a des investissements importants à faire en leur faveur, dans tous les secteurs. Déabord, il faut séassurer que la jeunesse déaujourdéhui néest pas celle déhier. Il faut une nouvelle jeunesse tchadienne. Par la formation, certes ; par léacquisition de nouvelles connaissances ; des compétences nouvelles certes, mais surtout par léamour du travail, le travail bien fait, comme ce sont des couches sensibles. Nous avons connu la guerre. Les hommes étaient chargés de faire autre chose, ce sont les femmes qui se sont occupées de la famille pendant toute cette période trouble que le pays a connue. Dans nos foyers, dans nos traditions, nous savons que les femmes font plus que les hommes, produisent plus que les hommes et travaillent plus que les hommes. Ce sont des raisons évidentes qui nous amènent à dire quéil faut appuyer léaction des femmes qui sont organisées en groupements et qui font déjà de bonnes choses, en leur attribuant des crédits, tout en les formant et en les encadrant. Et évidemment, par la prise en charge de certains de leurs activités en améliorant leur production. Dans certains pays, les gens disent que la femme est plus productive que léhomme. Il va de soi que chacun produise. La femme et léhomme, réunis, constituent la société humaine. Le moment est venu pour que léégalité séinstaure entre les hommes et les femmes. Le moment est aussi venu pour que nos jeunes filles laissent les travaux domestiques et partent à léécole. Si nous voulons assurer léavenir de ce pays, céest une conviction, voire une obligation pour chaque famille déenvoyer les filles à léécole. La place des filles néest pas à côté de la marmite ou du foyer, mais à léécole. Monsieur le Président, vous venez de dire que les jeunes et les femmes constituent les couches les plus vulnérables. Au sujet des jeunes, vous venez de dégager 44 milliards en leur faveur. Mais aujourdéhui, beaucoup attendent pour séinvestir dans léentreprenariat. Or, en discutant avec ces jeunes, très peu ont des projets viables pour prendre cet argent. Néest-il pas mieux que cet argent revienne dans lééducation pour concevoir une vie meilleure que de donner à ceux qui ne peuvent pas rationnellement utiliser cet argent ? Vous avez aussi dit que les femmes sont plus productives que les hommes. Dans votre discours programme, la femme est pratiquement le trésor de la renaissance. Aujourdéhui, quéen est-il du projet du code de la famille et des personnes? Où en sommes-nous avec les 30% de représentation des femmes dans les institutions ? Par rapport à votre première question, je dirai tout simplement quéon peut faire les deux. Nous avons hérité déun pays sans beaucoup déorganisation profonde. Séagissant de léutilisation des ressources du pays, il faut déabord mettre en place tous les mécanismes qui permettent déutiliser ces ressources. Nous avons créé un ministère des microcrédits et céest édifiant pour tout un chacun. Nous avons créé un département qui est chargé de la formation professionnelle. Tous les jeunes ne peuvent pas atteindre le sommet et avoir des diplômes pour travailler. Tous les diplômés ne peuvent pas être recrutés à la fonction publique. Quels sont les secteurs où on peut encore créer de léemploi ? Vous avez de léargent, mais il faut réfléchir pour que ces ressources vous apportent plus. Les 44 milliards, soit 2 milliards par région administrative, programmés pour le budget 2012 néont pas été touchés jusquéaujourdéhui. Il faut mettre des mécanismes qui permettent la gestion de ces ressources. Nous nous sommes rendus compte que la question de la formation est devenue prioritaire ; surtout la formation professionnelle et même les petits métiers, léagriculture, léélevage, la maçonnerie et autres. La réflexion qui en train déêtre murie par le gouvernement est de créer 22 centres de formation professionnelle de tout petit métier dans les 22 régions avec cet argent. A partir de ce moment, nous formerons des gens qui vont sortir spécialisés dans tel ou tel domaine. Céest à partir de là quéils auront léoutil nécessaire pour commencer le travail en allant sur le terrain, quéil séagisse de léagriculture, de léélevage, de la plomberie, de léélectricité ou autres. Nous avons aujourdéhui une banque agricole et nous allons créer une banque de développement et de crédit agricole. Car nous néavons aucune banque de crédit au Tchad. Toutes les banques sont des banques commerciales. Cela entrera dans léhistoire du Tchad où la première banque de crédit va appuyer les actions du gouvernement dans le monde rural. Cette banque va démarrer avec un capital important puisque léargent est là. Avant la fin 2013, la banque va être opérationnelle, et avant la fin 2013, des études seront faites pour que les régions soient équipées déécoles de formation pour la formation des jeunes qui seront prêts à léemploi et quéil faut encourager. Ils ya des diplômés aujourdéhui qui chôment. Il faut une refonte de notre système éducatif. On forme des jeunes dans le tas, sans leur donner des orientations et sans leur assurer que ce quéils apprennent aujourdéhui leur sera utile demain. Léécole est faite pour apprendre et faire quelque chose, être utile et pour produire, apprendre et servir. Donc, il faut une profonde réforme de notre système éducatif. En Afrique, dans des pays qui ont opéré des réformes, il néy en a pas beaucoup, mais il yéen a qui ont réussi. Le gouvernement connait bien quels sont ces besoins dans tous les secteurs identifiés du pays. Et quels sont les métiers où en peut avoir facilement du travail sur le marché de léemploi. Céest par rapport à ces données quéil faut une refonte de notre système éducatif. Nous léavons déjà fait il y a une dizaine déannées mais ça ne suffit pas, il faut aller en profondeur. Reformer notre système pour que lééducation soit une éducation de formation et déorientation et par rapport aux besoins du marché et du pays. Là céest un enseignement utile, des connaissances utiles. Autrement dit, même avant la guerre, les responsables orientaient les élèves avant la classe de terminale. En classe de 2nde, on orientait des élèves vers des secteurs où ils pouvaient réussir. Aujourdéhui, ce système néexiste pas, car auparavant, ce besoin se faisait sentir par compétence. Il faut quéon revienne à ces anciennes pratiques pour valoriser le travail de nos enfants et en tirer le plus grand profit. La deuxième question à trait au projet de code de la famille et les 30% de représentation des femmes. Là aussi, il faut séassumer. Nous avons un pays avec son histoire. Certes, céest un pays aussi multiculturel où le poids de la tradition continue jusquéaujourdéhui à peser et continuera de peser encore. Il y a un combat à mener et nous mènerons le combat. Le code de la famille devrait déjà voir le jour. Ce code est presque terminé, mais face aux blocages culturels ou religieux, les jeunes Tchadiens néarrivent pas à séentendre sur des questions essentielles dans la différence de culture et de religion. Il faut un arbitrage et continuer à négocier de sorte que les uns et les autres admettent ce processus. Dans beaucoup de nos régions, il y a des choses qui ne conviennent ni à la religion musulmane, ni à la religion chrétienne, mais qui sont pratiquées par culture et que les gens néarrivent pas à se débarrasser. Céest un pays fragile ; il faut aller doucement et faire en sorte quéon y parvienne. Ceux qui mènent cette barque aujourdéhui ne sont pas les religieux, ni les communautés dans les villages, mais des intellectuels. Vous prenez des intellectuels chrétiens ou musulmans, chacun de son côté défend une cause, au lieu de servir léÉtat. Ils sont formés pour cela et non pour la religion. Car la religion, céest léaffaire des autres. LéUnion des cadres chrétiens, léunion des cadres musulmans, mais unis pourquoi ? Laissez ces histoires ! Il est très difficile de mettre tout le monde ensemble. Et, nous avons des lois qui ne séadaptent pas à nos réalités. Toutes nos lois sont des lois napoléonnes et on a copié, on a changé une virgule ou un point. On néa pas tenu compte de nos réalités, de nos cultures et nous ne devons pas abandonner toutes nos cultures, sous prétexte quéil faut une nouvelle société. Nous devons aussi changer mais pas à la même vitesse. Donc il y a un travail en profondeur à faire. Que chacun soit convaincu que ce que nous faisons, céest bon pour nous Tchadiens. Nous ne sommes pas contre la religion, mais que les intellectuels soient convaincus que leur manière de séarranger derrière la religion néest pas bonne. Si on avait seulement à faire aux religieux, aux prêtres, aux imams et autres, on aurait régler ce problème depuis longtemps. Voilà la difficulté, mais nous allons réussir, nous néavons pas déautres choix. Nous allons adapter ce dossier quéils ont monté, en tenant compte de nos réalités. Et il yéaura aussi la réforme des lois du pays. La justice est un élément essentiel de paix sociale. Les textes qui sont pris par notre justice ne séadaptent pas à nos réalités. On veut les obliger à faire comme les textes le disent. Il faut être cohérent avec soi-même. Il faut mettre les choses devant soi, sur le tapis. Entre Tchadiens, on séassoie, on regarde quéest-ce qui va avec notre société, quéest-ce qui est mauvais et quéest-ce qui est bien au lieu de copier. Jusquéaujourdéhui, nous avons copié. Il faut que nous cherchions nous aussi nos cadres puisque nous avons nos intérêts. Il faut que les gens travaillent, réfléchissent comme les autres ont fait en leur temps. Là où je suis, être Tchadien me suffit. Je sais que jéai une terre, je peux dormir, je peux me promener et je peux tirer de cette terre de quoi me nourrir. La question du code de la famille, céest une question globale pour toute la société nationale. Nous ne pouvons pas avancer vers la modernité si nous néabandonnons pas nos us et coutumes. Il ne faut pas que les intellectuels se mettent derrière les communautés et empêchent le progrès. On ne peut pas faire un code de famille à deux ou plusieurs vitesses, adapté à une ou plusieurs communautés, céest impossible. Si les gens ne vous disent pas la vérité, voilà léobjet du blocus ! Monsieur le Président, le gouvernement a annulé les résultats du baccalauréat cette année. Pourquoi cette décision ? De mémoire de Tchadiens, le Bac est un passage assez essentiel et important pour les études supérieures. Depuis la nuit des temps, il néya pas seulement le bac mais aussi déautres matières, dans léenseignement supérieur, il y a des règles pour obtenir tel diplôme ou tel diplôme. Ces règles sont écrites et connues de tout le monde. De la même manière, elles sont acceptées par tout le monde aussi. En réalité, pour avoir un diplôme, il faut avoir une moyenne. La moyenne a été fixée depuis la nuit des temps. Il y a eu des dérapages au début des années 1990. A cause du temps quéon a perdu de 1975 à 1994, pour obtenir gain de cause, il y a eu des dérogations pour un élève qui néa pas eu son Bac pour plusieurs raisons, il fallait repêcher des cadres. Le pays néavait plus rien du tout. Donc, on avait besoin de cadres. On est allé repêcher jusquéà 7 de moyenne. Malheureusement, les jeunes qui ont eu 7, 8 ,9 de moyenne et quéon avait envoyés en formation sont tous revenus sans diplômes et certains néont même pas fait un an. Céest une mauvaise manière, et jéai décidé moi-même de prendre un décret en conseil des ministres pour arrêter les règles du jeu. Depuis 2010, le Bac séobtient avec 10 de moyenne, même pas 9,99, mais 10 de moyenne. Ceux qui ont eu le Bac léannée dernière, céest avec 10 de moyenne pas 9,99. Si nous repêchons les candidats jusquéà 7 pour faire augmenter le nombre ou bien le pourcentage de réussite, ce n'est pas bien. Moi, jéai reçu les résultats un jour avant la proclamation officielle des résultats. On méa envoyé deux fiches signées du ministre de léenseignement supérieur lui-même. Ces fiches disaient, conformément au décret, avec 10 de moyenne, on aura au moins 6.000 bacheliers, 9 de moyenne, on aura 12.000 bacheliers, 8 de moyenne on aura 19.000 bacheliers. Jéai dit : céest catastrophique ! Il faut donner une seconde chance en octobre à ceux qui peuvent rattraper. Là, le résultat est catastrophique et pourquoi ce taux dééchec, est-ce que le tort revient à nos enfants, ou faut-il revoir notre système éducatif tchadien ? Donc, il ne faut pas se cacher la face séil y a un problème, il faut le faire sortir en plein jour pour que tout le monde puisse trouver une solution. Le saupoudrage ne résout pas le problème. Vous avez promis de donner le bac à ceux qui ont eu 8 de moyenne, léannée dernière ceux qui ont 9 de moyenne néont pas eu le Bac, vous avez créé un problème. Pour un enfant qui a 8 de moyenne, vous lui donnez le Bac, ça lui sert à quoi ? Il va aller et revenir toujours échoué et il ne pourra pas poursuivre les études supérieures, ni une formation professionnelle adaptée à son Bac. Regardez les jeunes à qui on a attribué le Bac dans les années 1994, 1995, 1996 et 1997. Regardez ces enfants qui ont été formés ici au pays et à léétranger, qui travaillent à la fonction publique. Mais aujourdéhui, allez-y voir ce quéils font comme travail, ce sont nos enfants, petits frères, dites-leur déécrire, de séexprimer ou de faire un travail intellectuel : céest du gâchis ! Moi, je ne peux pas être du côté de ceux qui veulent cacher la vérité pour des questions que jéignore, sans chercher à améliorer de très grandes questions de responsabilité politique. Si sur 60.000 élèves, 6.000 bacheliers ont obtenu 10 de moyenne, céest quéil y a un problème. Il fallait garder les 12% au lieu des 27%. Jéai pris la précaution moi-même déappeler le ministre sortant de léenseignement supérieur au téléphone. Je lui ai dit : Monsieur le ministre, vous appliquez le décret de 2010 relatif à léorganisation du Bac et il séobtient avec une moyenne égale ou supérieure à 10. Le lendemain à 23 h, on méa appelé pour me dire que le résultat du Bac est publié. Jéai demandé le taux. On me dit 27% qui sont admis. Là, je dis qu'il y a quelque chose qui ne marche pas. Jéai interrogé le ministre et il ne méa pas dit que ce néest pas la faute des élèves, mais celle des enseignants. Céest pour cela que jéai dit au Premier Ministre de clarifier cette situation pour léopinion nationale. Djidda est un professeur, un cadre politique et un chef de parti politique. La question du Bac ne peut pas être une question politique et ce néest pas possible. Comme le mal est là, il faut le décortiquer et trouver le remède et la solution la plus efficace. De léautre côté, il ne faut pas cacher ce mal, mais le rendre public. Ensuite, il faut organiser un Bac quéon peut appeler un Bac de sauvetage, parce qu'en réalité vous avez 70.000 élèves dont 6.000 ont eu le Bac. Le reste n'est pas admis, ils vont être en terminale et 30.000 autres vont venir. Ils vont être autour de 90.000. Est-ce quéon a de la place pour les redoublants ? Ce néest pas une raison pour séen débarrasser et donner le Bac à ceux-là. Mais il ne faut admettre tout ce qui est mal fait. Même si céest une responsabilité, il faut léassumer. Moi, je léassume. Monsieur le Président, léopération COBRA est déactualité. Cette opération, en même temps quéelle est saluée, exprime scepticisme quant à son exécution dans la justice et sa continuité. Quelle assurance pouvez-vous donner ? Moi, je suis satisfait des résultats de léopération COBRA. COBRA a fait rentrer en moins de 2 mois plus de 16 milliards de FCFA dans le trésor. Soit des gens ont détourné, ils néont pas voulu se dévoiler et ils ont payé, soit ceux qui ont déune manière ou déune autre sorti léargent quéils remboursent. Il y a après cette opération, au moins 16 milliards qui sont recouvrés et des gens qui sont poursuivis pour rembourser 15 milliards. Nous avons initié il y a quelques années la création du ministère de la moralisation. Un travail de moralisation a été fait pendant des années, céest-à-dire de sensibilisation et de moralisation de la vie publique. Après 5 ans, on a dit que la moralisation a pris suffisamment du temps, on passe maintenant à léassainissement. La mission continue parce que vous ne pouvez pas faire des omelettes sans casser les éufs. Qui veut protéger les voleurs ? A-t-on intérêt pour quelle que raison que ce soit ? Même si ce sont des parents, il néy a pas quelquéun qui est tombé du ciel. Tout le monde est parent à quelquéun déautre. Et personne néaime voir léautre souffrir, même si céest son parent. Mais chacun dans la loi paie ses frais propres. Ses erreurs, il les assume Donc, la poursuite maintenant, ce néest pas la moralisation, mais céest léassainissement, réellement dans les faits. Nous avons construit suffisamment de prisons. Dans la réforme de la justice, nous avons suffisamment mis des moyens pour renforcer notre système judiciaire. En 5 ans, léÉtat a déboursé 15 milliards, entre la construction des palais de justice, la formation et lééquipement en plus de léapport de léUnion Européenne qui se situe autour de 20 milliards de FCFA. Quand nous nous sommes rendus que nous avons un problème de justice pour réagir, on a pris les choses en main et nous avons organisé les états généraux de la justice. Les résultats sont là aujourdéhui et le travail se fait. De mieux en mieux, on apprécie aujourdéhui léaction de la justice et de mieux en mieux, on apprécie le comportement des hommes qui sont chargés de faire appliquer les lois du pays. Léassainissement va continuer ; céest de ma responsabilité de nettoyer les brebis galeuses de la maison et je continuerai à le faire. Monsieur le Président, le front social grogne. En léespace de 2 semaines, léUST a appelé 2 fois à la grève. Pourtant, gouvernement et syndicats semblaient être déaccord en signant un protocole avec le gouvernement en 2011. Est-ce que vous comprenez ce volte-face de léUST ? Est-ce un problème de lecture ? Déabord, pour plusieurs raisons, léUST, à chaque année, à léapproche de la confection budgétaire, semble forcer la main du gouvernement par des grèves pour une augmentation de salaire. Céest devenu une habitude. En tout en cas, céest un constat que jéai fait. Deuxièmement, mes frères de léUST ne seraient peut-être pas contents, le rôle quéils jouent est la protection des travailleurs, du bien-être des travailleurs. Une centrale est une organisation sociale, partenaire direct des pouvoirs publics qui apporte sa contribution dans léédifice à construire, sans mettre une dose ou un grain de la politique. Honnêtement, céest le cas déune manière globale et ce néest pas seulement le cas de léUST. Vous vous rappelez les événements que le Tchad a connus en 2007 à Kouno ? A Kouno, nous avons découvert un danger public brutalement et qui avait donc déjà préparé son coup ?, Cé était léun des responsables de léUST, Djibrine Assali. Léhistoire de Kouno, reste encore un mystère et nous ne pouvons pas juger le messie en question parce que nous attendons son complice Djibrine Assali. Nous avons trouvé là où on a égorgé le gendarme, le registre des contributions financières de léUST et la nuit même de cette action, jéétais à un sommet de l'UA en Egypte, le Premier Ministre méa appelé pour méinformer de la situation de Kouno. Jéai répondu il néy a pas de solution, léarmée doit les mater. Quand nous avons retrouvé la paix, la meilleure solution pour Djibrine Assali, céest de regagner le mercenariat. Ce type a été un gestionnaire de léUST, cette centrale. Ne nous étonnons pas que partout dans les organisations, on peut déceler des choses pareilles. La question de la grève séest posée en 2011, jéétais à Moussoro dans le cadre de la mission de réforme de léarmée. Le gouvernement et les syndicats ne séétaient entendus sur la question. Comme toujours, jéétais revenu de Moussoro, jéai reçu les membres du gouvernement et les responsables de 3 syndicats. Parmi les questions qui étaient posées, jéai dit à mes frères : voilà ce qui est faisable et voilà ce qui ne peut pas se faire. Parmi les propositions faites par le gouvernement, il y a un coût de 12,5 milliards payables en trois étapes : 2O12, 20% ; 2013, 40% et 2014, 40%. On a signé en bonne et due forme un accord. Léarbitrage, céest moi qui léai fait. Jusquéaujourdéhui, je demande séil séagit de cela ou déautre chose. On méa dit que céest cela. Pourtant, céest une question déjà réglée. De la même manière différemment, nous avons signé un accord avec le Syndicat des Enseignants du Tchad et celui de la santé pour 5 ans. Aujourdéhui, on revient par une autre porte dire que ce néest pas une bonne interprétation. Il faut bien comprendre, au-delà des questions de compréhension que nous avons, je ne peux pas accepter que la totalité des ressources hors pétrole plus une partie des ressources du pétrole partent essentiellement pour les 80.000 fonctionnaires, au lieu de 12 millions des Tchadiens. Léécole, la santé, les infrastructures, avec quoi nous ferons tout cela ? Ce sont des puits qui vont tarir un jour. Le jour où ces puits vont tarir, avec quoi vous allez payer les salaires ? Avec quoi payerez-vous les 400 milliards par an ? Alors que nos ressources hors pétrole néatteignent pas 400 milliards. Elles tournent autour de 360- 370 milliards. Les chiffres que je vous donne, vous pouvez les vérifier au niveau du trésor public. Donc on prend léensemble de nos ressources : douanes, domaines, contribuables, tous avec un peu de ressources du pétrole pour payer uniquement le salaire. On a crevé le plafond. On ne peut pas aller plus loin que cela, céest impossible. A moins quéil y ait un miracle, que nous ayons déautres puits à mettre en valeur déautres ressources minières qui nous apportent plus. Dans la situation actuelle, vous avez une production de 100.000 barils par jour, soit 12%. Céest-à-dire quéen prenant par bateau, céest nous qui vendons notre pétrole nous-mêmes, par an, cela fait 6 bateaux de 900.000 barils par an. Donc moins de 500 millions de dollars. Donc, nous allons arrêter léensemble des travaux : les investissements y compris dans les secteurs prioritaires. Si céest ce que les Tchadiens veulent, je suis prêt à organiser un referendum national. Auquel cas, on va consacrer léensemble des ressources au salaire, nous mangerons et nous resterons comme le font certains pays qui le regrettent. Nous sommes Tchadiens. Il faut que les gens raisonnent, ils connaissent nos limites, nos ressources. Nous agissons dans la transparence et il faut quéils acceptent ce quéils ont maintenant : léaugmentation au niveau de la santé, lééducation nationale sur la base de ce qui a été arrêté. Il néy a pas un seul enseignant qui ne gagne pas moins de 200.000 FCFA. En 2010 à ATI, vous avez proclamé la Renaissance. Pensez-vous que les Tchadiens se sont inscrits dans cette logique ? Vous néavez pas déautres solutions, vous néavez pas déautres choix. Les Tchadiens doivent séinscrire dans cette logique. La Renaissance, céest quoi ? La Renaissance, céest une rupture avec le passé. Vous ne pouvez pas construire ce pays sans une rupture totale, à tout point de vue. Il faut un Tchad nouveau et un homme nouveau. Autrement dit, je conseillerai à mes frères de léUST, en tant que partenaires, déêtre honnêtes et justes, ne pas jouer au cache-cache, ne pas mélanger la politique et le social, ne pas embarquer les gens sous prétexte de grève dans une direction qui néest pas bonne pour le pays. Que le gouvernement tienne ses engagements et que léUST tienne aussi les siens. Céest la rupture avec le passé. Céest cela aussi la Renaissance. Merci.

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