Le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a reçu hier le Chef de lÉtat égyptien, Abdelfatah El Sissi. Le renforcement des relations entre les deux pays était au menu de lentretien.
Mesdames, Messieurs les Chefs dÉtat et de Gouvernement ; Madame la Présidente de la Commission de lUnion Africaine Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs ; Mesdames et Messieurs. Je voudrais dabord macquitter dun devoir sacré, celui de vous souhaiter la cordiale bienvenue et un agréable séjour au pays de Toumaï, carrefour et synthèse de toutes les diversités africaines. Je me réjouis de la ténue du Sommet de NDjamena, sur la position Africaine Commune pour lAgenda de Développement post-2015. La multiplication des concertations en vue de ladoption dune position commune est un acte hautement salutaire. Nous démontrons par là que nous ne voulons plus être marginalisés car il vous souviendra que la participation de lAfrique à la formulation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) a été très limitée et par conséquent, lAfrique ne sest pas bien appropriée ces OMD. Ce qui expliquerait ce que daucuns qualifient de manque volonté politique qui a occasionné la lenteur des progrès dans la réalisation des objectifs. Cependant, il conviendrait de noter que la Déclaration du Millénaire avait été saluée en son temps comme une étape majeure dans la prise de conscience par la Communauté internationale du retard considérable que connait une importante partie de ses membres en matière de développement. Cette Déclaration ainsi que ses Objectifs pour léradication de la pauvreté à lhorizon 2015, paraissait être la réponse la plus appropriée aux problèmes de pauvreté auxquels beaucoup de pays, en particulier ceux de lAfrique continuent dêtre confrontés, pour autant que les engagements pris par les uns et les autres soient respectés. La Déclaration du Millénaire dévoilait une prise de conscience mondiale sur les causes des échecs des formules de lajustement structurel qui, au lieu dêtre une réponse adéquate aux préoccupations légitimes dune partie de lhumanité marginalisée, avait plutôt contribué à aggraver durablement la situation déjà fragile notamment celle des peuples du Sud. En recentrant les priorités du développement et en instaurant lapproche participative, la Déclaration du Millénaire inaugurait une nouvelle ère despérance pour nos populations et nos institutions, tant nationales que régionales. Léchéance de 2015, eu égard à létat du monde à laube du 21e siècle, était un vrai challenge pour tous. Elle impliquait, pour la réussite des OMD, un climat global de stabilité, de paix et de sécurité durant la décennie et demi qui lui était dédiée. Elle avait besoin, par ailleurs, de la pleine participation de tous les acteurs concernés au niveau international, régional, sous-régional et national. Malheureusement, ce ne fut souvent pas le cas ; ce qui explique que la plupart de nos États africains naient pas pu réaliser de manière satisfaisante les OMD. Le délai de 15 ans pour éradiquer lextrême pauvreté, améliorer les conditions de vie de nos populations, assurer la durabilité et la gestion rationnelle de toutes les ressources disponibles, dans le respect de la dignité humaine, de légalité des sexes, de la paix, de la démocratie, arrive inexorablement à son terme. Bien que tous les OMD naient pas été atteints par nos pays, nous devons reconnaitre que la Déclaration du Millénaire a eu un effet catalyseur important sur nos actions et celles de nos partenaires au développement. Madame et Messieurs les Chefs dÉtats et de Gouvernement, Madame la Présidente de la Commission, Si lon considère les crises et les menaces majeures que notre continent a connu sur cette période, notamment les conflits internes et transfrontaliers de la région des Grands Lacs, de la Libye, de la Somalie et surtout de la bande sahélienne en prise avec les narcotrafiquants, les terroristes de tous bords, les candidats à limmigration illusoire vers leldorado européen, la dégradation constante des conditions écologiques qui menace le pastoralisme, linsécurité alimentaire chronique, nous pouvons légitimement réitérer notre position selon laquelle il y a un lien indissociable entre la paix, le développement et la sécurité. Ce lien implique une révision des concepts et procédures de la coopération internationale existants sur les domaines dits de souveraineté, à leffet de ne considérer désormais que des domaines de priorité absolue pour le nouvel Agenda post-2015. Par ailleurs, lavenir de lAfrique ne peut se construire sans les Jeunes et sans les Femmes. Cest pourquoi, nous devons investir dans ces deux groupes majeurs en formulant un objectif spécifique notamment pour les adolescents et pour les jeunes dans le cadre de lAgenda post-2015. Nous disposons déjà de documents stratégiques et de cadres normatifs au sein de notre Union, sur les jeunes et je me réfère ici à l'Agenda 2063, au Plan d'action de Maputo sur l'accès aux droits à la santé sexuelle et à la procréation, et à la Décision récente de notre Sommet de janvier 2014 sur le renforcement des liens entre le processus de l'Agenda post-2015 et celui relatif à la revue du Plan d'action du Caire sur la Population et le Développement. Madame, Messieurs les Chefs dÉtats et de Gouvernement, Madame la Présidente de la Commission, La démarche historique qui a aboutit à un consensus sur une position commune et inclusive de lAfrique, prouve que les fils et les filles de ce continent ont bien tiré les enseignements de toutes les initiatives antérieures et en cours, dans leurs points forts comme dans leurs échecs. Cest tout à lhonneur de lAfrique davoir promu ce long et méticuleux processus de consultation, de recherche, de négociation et de conception dune vision commune, participative, dynamique, pragmatique et inclusive. Cette démarche a impliqué tous les principaux acteurs nationaux, sous-régionaux et régionaux, publics et non-étatiques, pour aboutir au choix raisonné dorientations, de priorités et de mécanismes susceptibles dassurer la réalisation, à lhorizon 2030, des aspirations légitimes de nos populations pour le développement, la paix et la sécurité durables. De même, la consolidation de nos acquis devra nous permettre de réaliser une Afrique complètement intégrée et libérée à lhorizon 2063. Nous ne partons donc pas de zéro et personne mieux que nous-mêmes, ne saurait déterminer ce qui convient à lAfrique après les expériences variées de plus dun demi-siècle de quête du développement. Aujourdhui plus que jamais, le Plan daction de Lagos et le NEPAD se trouvent justifiés par la démarche inclusive, responsable et volontariste de nos États autour dun consensus historique sur le développement de lAfrique, non pas de lAfrique des nations mais de la Nation Africaine ! Cest pourquoi, mon pays le Tchad, situé de surcroit au cur de ce beau continent et berceau de lhumanité, adhère sans équivoque à cette synergie africaine porteuse de grandes espérances. Nous souhaitons que la confirmation du consensus, par les présentes assises, renforce la position de lAfrique dans lélaboration, la validation et la mise en uvre dun agenda post-2015 qui réponde véritablement aux priorités et aux attentes légitimes des Africains. Une plus grande attention doit également être accordée aux problèmes économiques que connaissent les pays en voie de développement et singulièrement ceux dAfrique dont lavenir, pour nombre dentre eux, risque dêtre hypothéqué par la faible compétitivité de leurs produits dexportation du fait des mesures adoptées par les États du Nord. Madame, Messieurs les Chefs dÉtats et de Gouvernement, Madame la Présidente de la Commission, Avec ladoption dune position Africaine Commune pour lAgenda de Développement post 2015 et les stratégies connexes, nous venons de franchir une première étape. La prochaine et la plus difficile dailleurs, consistera à la mise en uvre de lAgenda du développement post-2015 qui sera adopté. Pour ce faire, nous estimons que laide internationale doit sadapter aux réalités africaines. Lassouplissement des conditions dallégement de la dette extérieure des pays pauvres très endettés savère indispensable. Léradication des foyers de tension qui constituent des obstacles majeurs à loptimisation de nos résultats doit être au premier plan de nos préoccupations majeures. De même, les défis environnementaux doivent être au centre de nos discussions et faire partie intégrante de nos programmes de développement post-2015. En effet, lAfrique, notre continent, qui émet le moins de gaz à effet de serre est, de loin, la plus exposée aux effets néfastes des changements climatiques dont les impacts affectent négativement lélan de son développement. Il importe donc que lAfrique dispose des moyens conséquents lui permettant de sadapter aux changements climatiques ; elle doit agir et faire en sorte quelle en subisse moins leurs conséquences. Madame, Messieurs les Chefs dÉtats et de Gouvernement, Madame la Présidente de la Commission, Pour finir, je formule mes vux de pleins succès à cette rencontre historique sur le devenir de lAfrique. Vive lAfrique, Vive la Solidarité Internationale ; Je vous remercie.
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