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vendredi 27 juin 2014

Président

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Le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a reçu hier le Chef de l’État égyptien, Abdelfatah El Sissi. Le renforcement des relations entre les deux pays était au menu de l’entretien.

Mesdames, Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement ; Madame la Présidente de la Commission de l’Union Africaine Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs ; Mesdames et Messieurs. Je voudrais d’abord m’acquitter d’un devoir sacré, celui de vous souhaiter la cordiale bienvenue et un agréable séjour au pays de Toumaï, carrefour et synthèse de toutes les diversités africaines. Je me réjouis de la ténue du Sommet de N’Djamena, sur la position Africaine Commune pour l’Agenda de Développement post-2015. La multiplication des concertations en vue de l’adoption d’une position commune est un acte hautement salutaire. Nous démontrons par là que nous ne voulons plus être marginalisés car il vous souviendra que la participation de l’Afrique à la formulation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) a été très limitée et par conséquent, l’Afrique ne s’est pas bien appropriée ces OMD. Ce qui expliquerait ce que d’aucuns qualifient de manque volonté politique qui a occasionné la lenteur des progrès dans la réalisation des objectifs. Cependant, il conviendrait de noter que la Déclaration du Millénaire avait été saluée en son temps comme une étape majeure dans la prise de conscience par la Communauté internationale du retard considérable que connait une importante partie de ses membres en matière de développement. Cette Déclaration ainsi que ses Objectifs pour l’éradication de la pauvreté à l’horizon 2015, paraissait être la réponse la plus appropriée aux problèmes de pauvreté auxquels beaucoup de pays, en particulier ceux de l’Afrique continuent d’être confrontés, pour autant que les engagements pris par les uns et les autres soient respectés. La Déclaration du Millénaire dévoilait une prise de conscience mondiale sur les causes des échecs des formules de l’ajustement structurel qui, au lieu d’être une réponse adéquate aux préoccupations légitimes d’une partie de l’humanité marginalisée, avait plutôt contribué à aggraver durablement la situation déjà fragile notamment celle des peuples du Sud. En recentrant les priorités du développement et en instaurant l’approche participative, la Déclaration du Millénaire inaugurait une nouvelle ère d’espérance pour nos populations et nos institutions, tant nationales que régionales. L’échéance de 2015, eu égard à l’état du monde à l’aube du 21e siècle, était un vrai challenge pour tous. Elle impliquait, pour la réussite des OMD, un climat global de stabilité, de paix et de sécurité durant la décennie et demi qui lui était dédiée. Elle avait besoin, par ailleurs, de la pleine participation de tous les acteurs concernés au niveau international, régional, sous-régional et national. Malheureusement, ce ne fut souvent pas le cas ; ce qui explique que la plupart de nos États africains n’aient pas pu réaliser de manière satisfaisante les OMD. Le délai de 15 ans pour éradiquer l’extrême pauvreté, améliorer les conditions de vie de nos populations, assurer la durabilité et la gestion rationnelle de toutes les ressources disponibles, dans le respect de la dignité humaine, de l’égalité des sexes, de la paix, de la démocratie, arrive inexorablement à son terme. Bien que tous les OMD n’aient pas été atteints par nos pays, nous devons reconnaitre que la Déclaration du Millénaire a eu un effet catalyseur important sur nos actions et celles de nos partenaires au développement. Madame et Messieurs les Chefs d’États et de Gouvernement, Madame la Présidente de la Commission, Si l’on considère les crises et les menaces majeures que notre continent a connu sur cette période, notamment les conflits internes et transfrontaliers de la région des Grands Lacs, de la Libye, de la Somalie et surtout de la bande sahélienne en prise avec les narcotrafiquants, les terroristes de tous bords, les candidats à l’immigration illusoire vers l’eldorado européen, la dégradation constante des conditions écologiques qui menace le pastoralisme, l’insécurité alimentaire chronique, nous pouvons légitimement réitérer notre position selon laquelle il y a un lien indissociable entre la paix, le développement et la sécurité. Ce lien implique une révision des concepts et procédures de la coopération internationale existants sur les domaines dits de souveraineté, à l’effet de ne considérer désormais que des domaines de priorité absolue pour le nouvel Agenda post-2015. Par ailleurs, l’avenir de l’Afrique ne peut se construire sans les Jeunes et sans les Femmes. C’est pourquoi, nous devons investir dans ces deux groupes majeurs en formulant un objectif spécifique notamment pour les adolescents et pour les jeunes dans le cadre de l’Agenda post-2015. Nous disposons déjà de documents stratégiques et de cadres normatifs au sein de notre Union, sur les jeunes et je me réfère ici à l'Agenda 2063, au Plan d'action de Maputo sur l'accès aux droits à la santé sexuelle et à la procréation, et à la Décision récente de notre Sommet de janvier 2014 sur le renforcement des liens entre le processus de l'Agenda post-2015 et celui relatif à la revue du Plan d'action du Caire sur la Population et le Développement. Madame, Messieurs les Chefs d’États et de Gouvernement, Madame la Présidente de la Commission, La démarche historique qui a aboutit à un consensus sur une position commune et inclusive de l’Afrique, prouve que les fils et les filles de ce continent ont bien tiré les enseignements de toutes les initiatives antérieures et en cours, dans leurs points forts comme dans leurs échecs. C’est tout à l’honneur de l’Afrique d’avoir promu ce long et méticuleux processus de consultation, de recherche, de négociation et de conception d’une vision commune, participative, dynamique, pragmatique et inclusive. Cette démarche a impliqué tous les principaux acteurs nationaux, sous-régionaux et régionaux, publics et non-étatiques, pour aboutir au choix raisonné d’orientations, de priorités et de mécanismes susceptibles d’assurer la réalisation, à l’horizon 2030, des aspirations légitimes de nos populations pour le développement, la paix et la sécurité durables. De même, la consolidation de nos acquis devra nous permettre de réaliser une Afrique complètement intégrée et libérée à l’horizon 2063. Nous ne partons donc pas de zéro et personne mieux que nous-mêmes, ne saurait déterminer ce qui convient à l’Afrique après les expériences variées de plus d’un demi-siècle de quête du développement. Aujourd’hui plus que jamais, le Plan d’action de Lagos et le NEPAD se trouvent justifiés par la démarche inclusive, responsable et volontariste de nos États autour d’un consensus historique sur le développement de l’Afrique, non pas de l’Afrique des nations mais de la Nation Africaine ! C’est pourquoi, mon pays le Tchad, situé de surcroit au cœur de ce beau continent et berceau de l’humanité, adhère sans équivoque à cette synergie africaine porteuse de grandes espérances. Nous souhaitons que la confirmation du consensus, par les présentes assises, renforce la position de l’Afrique dans l’élaboration, la validation et la mise en œuvre d’un agenda post-2015 qui réponde véritablement aux priorités et aux attentes légitimes des Africains. Une plus grande attention doit également être accordée aux problèmes économiques que connaissent les pays en voie de développement et singulièrement ceux d’Afrique dont l’avenir, pour nombre d’entre eux, risque d’être hypothéqué par la faible compétitivité de leurs produits d’exportation du fait des mesures adoptées par les États du Nord. Madame, Messieurs les Chefs d’États et de Gouvernement, Madame la Présidente de la Commission, Avec l’adoption d’une position Africaine Commune pour l’Agenda de Développement post 2015 et les stratégies connexes, nous venons de franchir une première étape. La prochaine et la plus difficile d’ailleurs, consistera à la mise en œuvre de l’Agenda du développement post-2015 qui sera adopté. Pour ce faire, nous estimons que l’aide internationale doit s’adapter aux réalités africaines. L’assouplissement des conditions d’allégement de la dette extérieure des pays pauvres très endettés s’avère indispensable. L’éradication des foyers de tension qui constituent des obstacles majeurs à l’optimisation de nos résultats doit être au premier plan de nos préoccupations majeures. De même, les défis environnementaux doivent être au centre de nos discussions et faire partie intégrante de nos programmes de développement post-2015. En effet, l’Afrique, notre continent, qui émet le moins de gaz à effet de serre est, de loin, la plus exposée aux effets néfastes des changements climatiques dont les impacts affectent négativement l’élan de son développement. Il importe donc que l’Afrique dispose des moyens conséquents lui permettant de s’adapter aux changements climatiques ; elle doit agir et faire en sorte qu’elle en subisse moins leurs conséquences. Madame, Messieurs les Chefs d’États et de Gouvernement, Madame la Présidente de la Commission, Pour finir, je formule mes vœux de pleins succès à cette rencontre historique sur le devenir de l’Afrique. Vive l’Afrique, Vive la Solidarité Internationale ; Je vous remercie.

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