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jeudi 26 juin 2014

Président

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE, MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE SUR L’AGRICULTURE ET LA SECURITE ALIMENTAIRE (Malabo le 26 Juin 2014)

Monsieur le Premier Ministre, chef du Gouvernement ; Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ; Mesdames, Messieurs les Présidents des Grandes Institutions de la République ; Mesdames, Messieurs les Membres du Gouvernement ; Monsieur le Chef d’État-major Général des Armées ; Officiers généraux, officiers supérieurs, officiers subalternes, sous-officiers et hommes de rangs des FATIM ; Mes chers Compatriotes ; En ce moment précis où nous célébrons le retour au Tchad d’une partie des Forces Armées Tchadiennes en Intervention au Mali (FATIM), j’ai une pensée pieuse à l’endroit de tous ces hommes tombés sur le champ d’honneur dans le septentrion malien. En leur mémoire, je vous invite à observer une minute de silence .. . MERCI. Mesdames, Messieurs ; Mes chers compatriotes ; Officiers généraux, officiers supérieurs, sous-officiers et hommes de rangs des FATIM ; En ma qualité de chef suprême des armées, et en tant que soldat moi-même, je ressens la fierté légitime qui vous anime aujourd’hui, en retrouvant vos frères et sœurs tchadiens, au moment où nous nous apprêtons ici, à la Place de la Nation, à accueillir une partie de nos soldats engagés au Mali, à 3.000 km du Tchad, en ce moment où attendons voir défiler devant nous ces glorieux fils de la nation, ces jeunes qui sont nos fils, nos frères, ces jeunes qui ont élevé très haut le flambeau de la nation, ces jeunes qui ont mis la joie dans les cœurs des Tchadiens et des Tchadiennes. Officiers généraux, officiers supérieurs, sous-officiers et hommes de rangs des FATIM ; Alors que vous vous appétiez à quitter le Niger pour le Mali, j’étais allé à votre rencontre à Niamey et je avais rappelé que vous partiez pour une guerre à 3.000 km de votre pays. Cette guerre, avais-je dit, est une guerre juste, une guerre pour la liberté, une guerre pour la stabilité d’un pays frère. Je vous aussi avais dit de faire votre travail aux côtés de vos frères d’armes d’Afrique et en particulier de vos frères d’armes français, afin d’accomplir votre mission au Mali, ce pays aux mains d’hommes sans foi ni loi depuis deux ans. C’était un défi à relever. Le 21 février 2013, au téléphone, j’ai eu le Général Oumar Bikimo, commandant en chef des FATIM. Je lui ai dit ceci : « Mon général, il faut y aller ! Nous ne devrions pas perdre du temps, sinon cette guerre risque d’être longue et difficile ». Je l’ai dit pour la simple raison que ceux qui étaient engagés aux côtés du peuple malien, à part l’armée française, tardaient à se mettre en place et à nous rejoindre. C’est pourquoi, j’ai pris le risque de vous envoyer au feu, tout en sachant que vous alliez perdre vos hommes. Suivant cet adage africain, « Quand on veut tuer un lion, il faut aller droit sur lui et ne pas suivre seulement ses traces », vous êtes allés directement au contact de ces narcotrafiquants, organisés et aguerris. D’ailleurs, ils vous attendaient de pied ferme sur un terrain qu’ils avaient préparé à l’avance. Votre engagement a duré sept heures. Vous étiez au cœur même des opérations. Vous aviez les moyens de faire des économies en vies humaines grâce à vos véhicules blindés. Mais sachant que vos blindés ne pouvaient pas escalader les collines, vous aviez décidé de les laisser et de donner l’assaut final à pied. Cet assaut a été certes meurtrier, mais il a permis à toute la communauté internationale, à l’Afrique et au Mali de gagner en temps. S’il n’y avait pas eu cet assaut, la guerre aurait duré au mois six mois. Grâce à cet assaut, vous avez décapité la horde de terroristes, vous les avez exterminés au prix de lourds sacrifices, car trente de vos frères d’armes sont tombés sur le champ de bataille et 85 autres ont été fauchés par les balles de ces narcotrafiquants. Certains d’entre eux resteront à jamais handicapés. Officiers généraux, officiers supérieurs, sous-officiers et hommes de rangs des FATIM ; Votre engagement au Mali a été historique. Tous les Tchadiens, mais aussi nos frères Maliens et tous les Africains retiendront que vous avez payé un lourd tribut pour y parvenir. Je salue l’Armée de la République, cette armée de mission et de sacrifice, cette armée qui comprend mieux que quiconque ce que veut dire le « SENS DU DEVOIR » ; cette armée composée d’hommes et de femmes prêts à mourir pour la bonne cause, la cause juste, mais aussi pour préserver tout idéal de paix, de liberté et de démocratie que ce soit au Tchad ou au-delà de nos frontières nationales. Personne, je dis bien personne, ne peut aujourd’hui ne pas reconnaitre le rôle combien important que vous avez joué et les sacrifices que vous avez consentis. Ma pensée va vers tous ceux qui, officiers supérieurs, sous-officiers, hommes de rangs, sont glorieusement tombés sur le champ d’honneur et ces nombreux blessés qui porteront à jamais les stigmates de cette guerre. Tous vos frères et sœurs réunis ici, à la Place de la Nation, sont fiers de Vous et l’histoire retiendra votre héroïque action au Mali. Vous étiez poussés par un élan de solidarité et cette expression de cœur a payé. Bravant la faim et la soif, surmontant de dures épreuves dans les massifs des Adrar des Ifoghas, vous êtes arrivés à bout d’une nébuleuse puissamment armée, crainte de tout le monde. Et pour déloger ces bandits, il n’a pas que fallu la puissance de votre feu. Vous avez dû faire preuve de courage et de détermination, vous avez aussi mis en avant votre savoir-faire et votre expérience pour obtenir les résultats que nous connaissons tous et saluons aujourd’hui. Les FATIM, grâce à leur intervention, ont redonné au Mali l’opportunité de recouvrer sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale remises en cause par des illuminés. Les FATIM ont redonné au Mali des raisons d’espérer. Désormais, nos frères maliens pourront préparer dans la sérénité et la confiance des élections libres, démocratiques et transparentes. Les FATIM n’ont rien fait d’autre que leur devoir. C’est pourquoi, cet hommage national est le témoignage éloquent de la cohésion nationale née dès le premier jour où J’ai décidé d’envoyer un contingent tchadien au Mali pour secourir nos frères. Il n’y a jamais eu une aussi grande unanimité autour d’une telle cause au Tchad et c’est l’occasion pour moi de remercier la représentation nationale, l’ensemble des acteurs politiques et la société civile. Les valeurs de paix, de liberté et de démocratie que vous incarnez et défendez avant tout, ont été plus fortes que le terrorisme et l’obscurantisme de ces narcotrafiquants. C’est une leçon pour tous ces apprentis sorciers qui, sous le couvert de la religion, commettent des forfaits indignes de notre époque. Deux mots retiennent mon attention en cette journée historique. SACRIFICE et DEVOIR. SACRIFICE, parce qu’en se rendant au Mali, les FATIM étaient conscientes qu’elles devaient consentir de lourds sacrifices pour accomplir leur mission. DEVOIR, parce que malgré toutes les embûches, malgré la détermination des terroristes, les FATIM ont accompli leur devoir, et aujourd’hui, elles viennent rentrent chez elles. C’est donc à juste titre que le peuple tchadien leur rend hommage, à travers cette journée du 13 mai décrétée fériée, chômée et payée par le Gouvernement. Cette journée sera désormais une journée consacrée au recueillement en mémoire des vaillants et intrépides soldats engagés au Mali, pour tous ceux qui sont tombés sur le champ d’honneur, mais aussi une journée de reconnaissance. Que dire d’autre de notre engagement au Mali que nous n’avions pas déjà dit ? Il n’a eu qu’un seul et noble objectif : sauver un pays frère, voire une région, mieux, un continent en proie aux terroristes et narcotrafiquants, sans foi ni loi. Le monde entier a vu à l’œuvre les FATIM sur le théâtre des opérations. La communauté internationale a compris que vous n’êtes pas allés au Mali dans le but de combattre pour la gloire ou mettre à l’épreuve votre mérite, votre bravoure et votre savoir-faire légendaires. Vous êtes partis sans calcul pour sauver un pays et un peuple frères. Cette gloire, vous l’avez déjà obtenue de haute lutte, en offrant à votre propre pays, le Tchad, la paix et la stabilité, et ce, après plusieurs décennies de guerres fratricides et d’agressions extérieures. Au Mali, vous êtes bel et bien parties défendre une cause noble. Je voudrais saluer toutes les armées des pays amis et frères qui étaient aux côtés des FATIM dont l’armée française durant ces cinq mois d’opérations militaires. Je rends un hommage mérité à tous ces soldats, véritables héros de la Liberté et de la paix du continent africain. Malgré le départ d’une partie des FATIM, le Tchad, pour sa part, respectera ses engagements internationaux, en participant activement à la Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Pour finir, Je souhaite à vous tous, officiers généraux, officiers supérieurs et subalternes, sous-officiers et hommes de rangs des FATIM un bon retour dans vos familles respectives. Ayons toujours un regard tourné vers nos enfants restés dans le Nord du Mali. Vive le Tchad ! Vive l’Armée de la République ! Je vous remercie.

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