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jeudi 25 septembre 2014

Président

DECLARATION DE SEM IDRISS DEBY ITNO, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU TCHAD, CHEF DE l’ETAT, A LA 69ème SESSION ORDINAIRE DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES. (24 SEPTEMBRE 2014).

Messieurs les Chefs d'État et Chefs des délégations ; Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies ; Monsieur le Vice-président de la Banque Mondiale ; Monsieur le Directeur Exécutif du Fonds des Nations Unies pour la Population ; Honorables Invités ; Mesdames, Messieurs. Je voudrais tout d’abord exprimer ma gratitude aux Partenaires de l’Afrique et particulièrement à la Banque Mondiale et au Fonds des Nations Unies pour la Population d’avoir convié mon pays à cette importante rencontre qui s'inscrit en droite ligne des réflexions déjà engagées en vue de capitaliser le dividende démographique au profit des populations du Sahel. Cette approche cadre bien avec la préoccupation des États africains sur l'Agenda mondial de développement au-delà de 2015, tel qu’arrêté le 31 janvier 2014, à l'issue de la 22ème session ordinaire de l'Union Africaine où il a été unanimement reconnu la nécessité de la définition dudit agenda. Car celui-ci permet de lutter contre les problèmes récurrents qui annihilent le développement de l'Afrique. Au regard des tendances observées dans plusieurs de nos États, marquées par une croissance démographique rapide, une forte augmentation de la population jeune, le changement climatique et la persistance des inégalités, nous avons estimé nécessaire d'accorder une place de choix aux transformations structurelles pouvant conduire à un développement inclusif axé sur le facteur humain. Il s’agit entre autres de travailler au renforcement des capacités de production dans nos pays, à la création de la valeur ajoutée, au développement de la jeunesse et à l'autonomisation des femmes. Mesdames, Messieurs, Notre position commune sur l'Agenda du développement post 2015 prend en compte de façon explicite la problématique du dividende démographique. Le pilier n°3 intitulé : "le développement axé sur la personne humaine" lui est entièrement dédié. Ce pilier touche aux questions relatives à l'éradication de la pauvreté, l'éducation et le développement du capital humain, l'accès universel et équitable aux soins de santé, l’égalité des sexes ainsi qu'à la dynamique de la population. A travers ce pilier, nous nous sommes engagés à VEILLER à ce que l’importance démographique de la jeunesse africaine se traduise en dividende démographique, en mettant en place des politiques et stratégies axées sur le renforcement des aptitudes et des capacités entrepreneuriales. Nous nous sommes engagés aussi à accroitre l’accès des jeunes aux services financiers, promouvoir la génération d’emplois décents qui rémunèrent bien, accroitre l’accès aux services consultatifs en matière de commerce et de crédit ; promouvoir la participation aux processus de prise de décision et soutenir l’initiative de l’Union Africaine visant à créer un cadre continental sur les dividendes démographiques. Au regard du taux de croissance démographique en Afrique, induisant une urbanisation accélérée, nous avons pris l'engagement de faciliter l'accès aux établissements viables à travers un accroissement des infrastructures urbaines et développer une approche visant l'émergence de nouvelles villes. Mesdames, Messieurs, Le développement que nous recherchons ne peut se réaliser sans le potentiel humain que regorge notre continent. Nous devons considérer nos populations comme étant le moteur de l'éradication de la pauvreté en assurant une éducation de qualité, un accès universel et équitable à des services de santé de qualité, et surtout, l'égalité de chance ainsi que l'autonomisation des femmes. Sur ce registre précis, l'Afrique dispose de deux atouts démographiques majeurs qui, bien exploités, peuvent induire efficacement ce développement auquel nous aspirons tant. Ils peuvent aussi réduire sérieusement l'impact de nos efforts si nous les négligeons. Il s'agit des femmes et des jeunes dont la prépondérance numérique, l’ingéniosité et l’ouverture aux innovations, une fois renforcées et transformées en forces productrices, sont capables de donner un souffle jamais atteint à nos économies et donc au développement global de nos pays. Par conséquent, nous devons accorder toute l'attention requise à l'éducation de notre jeunesse et particulièrement celle de la jeune fille. Le constat dégage clairement que la jeune fille instruite est capable d'échapper à toutes les pesanteurs et à tous les écueils de la vie pour contribuer demain, au même titre que le garçon, au développement de la nation. A contrario, lui refuser cette chance, c'est l'amener à constituer un poids, un facteur de régression et de paupérisation des communautés. Il nous faut absolument inverser cette tendance ; Investir dans l’éducation et la formation de la jeune fille, de la jeunesse dans son ensemble pour assurer le développement de nos États. En attendant, il y a lieu de travailler à renforcer la participation des femmes dans l'économie formelle de nos pays par la mise à leur disposition des possibilités de crédits bancaires avec tout l'accompagnement nécessaire. Mesdames, Messieurs ; Nous restons convaincus que, par un investissement conséquent dans l'éducation de la jeune fille, la santé sexuelle et de la reproduction des jeunes et adolescents ainsi que l'autonomisation des femmes de nos pays, nous changerons la face du Sahel. Mesdames, Messieurs, Je voudrais une fois de plus, saluer la disponibilité de la Banque Mondiale et du Fonds des Nations Unies pour la Population, à répondre favorablement à l’Appel de Niamey par le financement de cet important projet dit : « AUTONOMISATION DES FEMMES DU SAHEL ET DEMOGRAPHIE" qui, par son objectif visant à accélérer la transition démographique dans nos pays, contribuera j'en suis convaincu, à l'ambition de développement harmonieux et rapide que nous nourrissons pour nos Nations. Je voudrais aussi me féliciter de la participation du secteur privé et surtout de l'intérêt qu'il porte à ces questions, à l'instar de la Fondation Bill et Melinda Gates. J'invite les opérateurs économiques à suivre ce bel exemple de partenariat entre le secteur public et le secteur privé. Enfin, j'aimerais relever pour conclure que les questions de paix et de sécurité sont si pertinentes pour le développement de nos États qu’elles doivent être inscrites au centre de nos préoccupations. Je vous remercie.

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