DISCOURS DE SON EXCELLENCE, MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE SUR LAGRICULTURE ET LA SECURITE ALIMENTAIRE (Malabo le 26 Juin 2014)
Monsieur le président de la République française ; Mesdames, Messieurs les Chefs dÉtat, Mesdames, Messieurs les Chefs de Gouvernement et Chefs de Délégations ; Monsieur le Secrétaire Général des Nations unies ; Madame la Présidente de la Commission de lUnion Africaine ; Monsieur le Président d la Banque Africaine de Développement ; Mesdames, Messieurs. Je voudrais, au nom de mes pairs de la CEEAC, remercier le président de la République française, Monsieur François Hollande, pour lheureuse initiative quil a prise dorganiser un sommet sur la paix et la sécurité en Afrique, sujets qui demeurent au cur des préoccupations des États africains, mais aussi le remercier pour toutes les dispositions prises depuis notre arrivée dans cette capitale française, Paris. Mais avant de poursuivre mon propos, je voudrais présenter mes condoléances au peuple sud-africain qui vient de perdre le chantre et le pionnier de la lutte contre lapartheid et du combat pour la liberté et la justice en Afrique. Mesdames, messieurs ; LAfrique qui se bat pour sortir ses populations de la pauvreté, lAfrique qui fait face aux aléas climatiques, linsécurité alimentaire, la dégradation de son écosystème et les maladies endémiques, cette Afrique là, est confrontée, depuis peu, à de nouveaux défis et à des nouvelles menaces. Ces menaces ont pour noms : le terrorisme, le banditisme transfrontalier, les trafics darmes, de drogues et la piraterie. Comme cest le cas dans lespace sahélo-saharien où la France est intervenue efficacement à nos côtés pour faire face au péril djihadiste. Certes, nous avons gagné une bataille au Mali, mais la guerre contre le terrorisme et les narcotrafiquants est loin dêtre achevée. Actualité oblige, en ma qualité de président en exercice de la CEEAC, je voudrais mappesantir un instant sur la situation qui prévaut en Centrafrique. En effet, il nest plus besoin de rappeler le long chemin parcouru à la recherche des solutions à la crise que vit ce pays. De NDjaména à Addis Abeba, en passant par Libreville et Brazzaville, le nombre de rencontres témoigne à suffisance la volonté, sans cesse renouvelée, des États de la CEEAC à trouver des voies et moyens pour résoudre cette crise cyclique (Cinq sommets extraordinaires ont été tenus depuis 2012). En appui aux efforts diplomatiques, militaires et financiers déjà déployés, le Conseil de sécurité des nations Unies, à linitiative de la France, vient dadopter à lunanimité la résolution 2127 dotant ainsi la MISCA dun mandat robuste et dautoriser la France à venir en soutien à cette mission, de façon à sécuriser en urgence ce pays et permettre que laide parvienne aux personnes nécessiteuses. Cette intervention conjointe MISCA et forces françaises permettra de baliser le terrain pour que la feuille de route de la transition soit effectivement mise en uvre, notamment lorganisation des élections pour un retour à lordre constitutionnel et que lon puisse sattaquer aux grands chantiers, tels que la reforme du secteur de la sécurité, pour doter la RCA dune armée équilibrée, représentative et professionnelle. Pour rompre le cycle de violences récurrentes en RCA, il faut ressouder le tissu social et religieux, en organisant très rapidement la conférence de réconciliation nationale, telle que recommandée par le dernier sommet extraordinaire de la CEEAC, tenu à NDjaména le 21 Octobre 2013. Mesdames, Messieurs ; Que ce soit en RCA ou en RDC, il nous faut apporter des réponses rapides et immédiates, concertées et efficaces à ces fléaux de type nouveau. Il est nécessaire de criminaliser les rebellions armées à linstar de M23 dont nous saluons la cuisante défaite ; la LRA, les FDLR et bien dautres qui sèment la terreur et la désolation dans nos pays. Certes lAfrique sest attelée au cours de la décennie écoulée à se doter des mécanismes pour faire face solidairement aux crises qui traversent ses États membres. Cest ainsi que la charte de lUnion Africaine a institué un conseil de paix et de sécurité collective et dalerte rapide visant à permettre une réaction rapide et efficace aux situations de conflit et de crise en Afrique et dont le bras armé devrait être la force africaine en attente. Cette volonté sest récemment concrétisée par la mise en place de la capacité africaine de réponse immédiate aux crises CARIC. Mesdames, Messieurs. En prenant linitiative dorganiser ce sommet, la France qui a déjà soutenu militairement lAfrique au Mali et qui vient de déployer ses troupes en Centrafrique ne fait que nous offrir loccasion dalimenter la réflexion sur les approches et les meilleurs moyens de mener une lutte commune contre le terrorisme en Afrique. Elle le fait dans lintérêt de lAfrique certes, mais aussi dans celui de lEurope qui en subit à travers les prises dotages les menaces qui planent sur ses intérêts économiques sur le continent. Cependant le combat contre le terrorisme et linsécurité est dabord celui des africains. Cest aussi le souhait de la France. Nos États en relation avec nos partenaires doivent prendre toutes les dispositions nécessaires allant dans le sens de la réalisation des priorités unanimement reconnues par le sommet de lElysée ; priorités que sont lanticipation, la prévention laccompagnement et la promotion. Cette vision commune face aux défis à relever et cette complémentarité dans les actions à entreprendre sont nécessaires pour apporter des réponses adaptées à ces nouvelles menaces aux multiples facettes. Je vous remercie.
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