DISCOURS DE SON EXCELLENCE, MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE SUR LAGRICULTURE ET LA SECURITE ALIMENTAIRE (Malabo le 26 Juin 2014)
Mesdames, Messieurs les Chefs dÉtat et de Gouvernement ; Monsieur le Président ; Monsieur le Secrétaire Général ; Mesdames, Messieurs, Permettez-moi tout dabord, de féliciter le nouveau Président de lAssemblée Générale, Monsieur JOHN ASHE, son Prédécesseur Monsieur VUK JEREMIC et le Secrétaire Général BAN KI MOON pour le travail accompli depuis la précédente Session. Monsieur le Président ; Le thème de notre débat général à savoir : «Programme de développement pour laprès 2015 : plantons le décor », est assurément au cur de nos préoccupations. Léchéance de 2015 que nous nous sommes fixés arrive bientôt à son terme. Le constat général est que de nombreux pays continuent daccuser un réel déficit quant au financement des Objectifs du Millénaire pour le Développement, lAide Publique au développement et lallégement de la dette. Il est regrettable de constater que tous les engagements pris pour booster les économies et parvenir au développement nont pas abouti aux résultats escomptés, et ce, malgré la grande mobilisation internationale. Il est désormais fort probable que le rendez-vous de 2015 ne sera pas à la mesure des attentes dun grand nombre de nos pays en Afrique. Car la pauvreté perdure, malgré lélaboration et la mise en uvre des Stratégies nationales en vue de son éradication. Cest pourquoi tirant les leçons sur les insuffisances dans la conception et la mise en uvre des OMD, le Continent africain envisage t-il de se doter dun agenda 2015 à même de répondre à ces attentes et demande la communauté internationale de le soutenir. Aux défis de développement sajoutent dautres défis sécuritaires. De nouveaux foyers de tensions et des guerres apparaissent un peu partout sur le continent. A cela sajoute le phénomène du terrorisme qui frappe et nous fait payer un lourd tribut comme ce fut le cas au Mali hier, et le Kenya aujourdhui. Le terrorisme est bien cette nébuleuse qui ne connaît pas de frontière et qui se nourrit du sang des pauvres pour se développer et fait de lignorance, la pauvreté et le fanatisme sa source de recrutement. La violence exercée sur des paisibles populations, en prenant pour prétexte les prétendues considérations religieuses ou doctrinaires, ne saurait déboucher sur un quelconque résultat positif. Cette violence est totalement contraire aux principes de droit international relatif aux droits humains et à la liberté de religion et de conscience. Notre conviction profonde est quil faut combattre le terrorisme avec la dernière énergie pour freiner son expansion et léradiquer définitivement. Monsieur le Président ; Mesdames, Messieurs, Le Tchad, pour sa part, a pris son option et fait son choix stratégique : il est décidé à apporter sa modeste contribution à létablissement de la sécurité, de la paix et de la stabilité partout où cela est nécessaire. Cette orientation fondamentale est la motivation essentielle de sa candidature au poste de membre non permanent du Conseil de Sécurité pour la période 2014-2015. A cette fin, mon pays attend de vous un soutien amical, actif et enthousiaste pour encourager son vaillant peuple à continuer à donner le meilleur de lui-même à la paix et à la sécurité internationale, conditions indispensables à linstauration dun monde de stabilité, de développement et de démocratie. Mesdames, Messieurs, Depuis quil a retrouvé sa stabilité, le Tchad demeure très attentif à toutes les situations de crise en Afrique et dans le monde. Il entend coopérer pleinement avec les Nations Unies dans toutes les initiatives salutaires de paix et de sécurité partout où cela est nécessaire. De cette inébranlable volonté, mon pays a donné des signaux forts avec la Mission des Nations Unies pour la Centrafrique et le Tchad, la MINURCAT, à lEst du Tchad, de 2008 à 2010, pour la protection des réfugiés du Darfour soudanais et des déplacés tchadiens, la sécurité du personnel humanitaire et celui des Nations Unies et associés. Fidèle à cette philosophie, le Tchad a engagé le plus gros contingent armé au Mali, avec plus de 2000 hommes et 900 en République Centrafricaine. Environ 1800 soldats tchadiens vont intégrer les nouvelles Forces des Nations Unies au Mali. Il est actuellement présent en Côte dIvoire, en République Démocratique du Congo et en Haïti, dans les Missions de maintien de la paix des Nations Unies. Nous saisissons cette occasion solennelle pour nous féliciter de lheureux aboutissement de la transition, au Mali avec la tenue délections libres, régulières et démocratiques, unanimement saluées par toute la Communauté internationale. Notre souhait est que ce pays frère recouvre la paix, lunité et la stabilité afin que ses fils et ses filles consacrent leurs énergies et leur intelligence au progrès et au bien-être de sa population. En revanche, la situation en République Centrafricaine demeure alarmante. Linsécurité, les difficultés politiques, économiques et financières auxquelles le Gouvernement de Transition continue de faire face, représentent des défis majeurs qui nous interpellent tous. Les pays de la région, à travers la Communauté Economique des États de lAfrique Centrale, la CEEAC, ont mis tout en uvre en mobilisant des moyens militaires, financiers et humains pour aider à la paix et à la stabilité dans ce pays, Je voudrais ici me réjouir de la mise en place de la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique, la MISCA, dont la force multinationale de lAfrique centrale, la FOMAC constitue le noyau. Son effectif passera de 2000 à 3600 hommes, grâce au concours des pays de lAfrique Centrale et dautres pays qui manifestent lintérêt de sassocier à cette noble cause. En dépit de tous ces efforts, il faut reconnaitre que les besoins sur le terrain montrent à suffisance la nécessité dune intervention rapide, dans un élan de solidarité régionale certes, mais avec lindispensable appui de la Communauté internationale. Dans cette perspective, nous attendons du Conseil de Sécurité des Nations Unies, ladoption dune résolution ferme et prévoyant des modalités dappui logistique et financier à la MISCA. Sagissant du Soudan, nous avons signé un Accord de paix, le 15 janvier 2010, et constitué des Forces Mixtes qui ont permis de stabiliser nos frontières communes. Par conséquent, mon pays continuera activement à uvrer pour la paix au Soudan, en tant que membre du Comité de Suivi de lAccord de Paix au Darfour. Toutefois, il me parait opportun dattirer lattention de notre auguste Assemblée sur la situation humanitaire dans le Darfour, du fait de nouveaux foyers de tension qui y naissent et qui occasionnent un afflux continuel dautres réfugiés et déplacés vers lEst du Tchad. A lheure actuelle, il est dénombré plus de 400 000 réfugiés et 200 000 déplacés, contre 290 000 et 180 000, les années passées. Tous les efforts déployés depuis léclatement de cette crise pour favoriser le retour de ces refugiés et déplacés dans leurs régions dorigines sont restés vains. Il est de notre devoir de plaider, du haut de cette tribune, en faveur dune poursuite énergique de lassistance de la Communauté internationale à toutes ces personnes que les tensions politiques et ethniques continuent de jeter sur les chemins de lerrance. Mon pays le Tchad déplore vivement linstabilité qui sévit à lEst de la République Démocratique du Congo. Nous encourageons vivement le Gouvernement et la rébellion à trouver une solution négociée à leur différend pour permettre à ce grand pays africain de se consacrer à son développement. Monsieur le Président, Notre intime conviction est que la solution de toutes ces crises que nous venons dénumérer ne saurait être militaire. Une solution durable et définitive à ces maux qui retardent considérablement le développement de lAfrique passe nécessairement par une lutte constante contre la pauvreté, la marginalisation et le chômage des jeunes. Elle exige aussi linstauration dun dialogue constructif entre les forces vives de la Nation dune part, et le dialogue permanent entre les différentes cultures et religions dautre part. En abordant la situation hors du continent africain, je voudrais tout dabord évoquer le conflit Israélo-palestinien qui perdure et auquel la communauté internationale na pas trouvé jusquà présent des solutions appropriées. Par conséquent, nous exhortons et encourageons les efforts déployés par notre Organisation et le Gouvernement des États-Unis dAmérique en vue de la conclusion dun Accord de paix permettant la coexistence pacifique entre deux États souverains. Pour ce qui est de la situation en Syrie, elle nous préoccupe et nous interpelle tous, car lheure est particulièrement grave. Nous navons pas le droit de laisser tout un peuple aller au naufrage. Lutilisation darmes chimiques qui dénote dune escalade dramatique de la guerre civile dans ce pays est une atteinte a la conscience humaine et aux idéaux qui ont présidé à la naissance de notre Organisation. Tout en saluant laccord intervenu entre les États Unis et la Russie quant à la destruction des armes chimiques syriennes, mon pays souhaite que les coupables de ces crimes soient identifiés et traduits devant un tribunal international. Cependant, notre amertume est grande de voir la Syrie se détruire et les Syriens sentretuer. La Communauté internationale doit utiliser tous les moyens pour arrêter cette tragédie. Permettez-moi Monsieur le Président, de revenir sur lembargo qui frappe le Cuba depuis des décennies et qui pénalise injustement ce pays. A cet effet, nous appelons à une levée de cet embargo pour permettre à ce pays de retrouver toute la place quil mérite dans le concert des Nations. Monsieur le Président, Sur le plan national, le Tchad qui a définitivement tourné la page douloureuse des guerres et des divisions, se consacre désormais à son développement, en exploitant ses ressources minières et énergétiques, à travers des stratégies audacieuses. Pour cela, il vient dadopter un Plan National de Développement qui fera bientôt lobjet dune Table Ronde pour son financement et sa mise en uvre. Au niveau politique, nous privilégions la formule du dialogue. A cet effet nous avons mis en place le cadre permanent de dialogue politique (CPDN) regroupant majorité et opposition et qui a pour compétence entre autres, la création des structures pour lorganisation des élections. Avec le concours des partenaires du Tchad, les Nations Unies en particulier, nous avons pris toutes les mesures nécessaires pour faire cesser et prévenir le recrutement et lutilisation denfants dans les conflits armés. Monsieur le Président ; Mesdames, Messieurs, Permettez-moi au terme de mon propos, de rappeler un souci majeur de mon pays. Il sagit de notre souhait ardent de voir, enfin, se mettre en place la réforme tant souhaitée des Nations Unies, en particulier celle du Conseil de Sécurité. Cette reforme devenue une question de justice et déquité, mobilise au plus haut point lAfrique. Le maintien de lAfrique ainsi que dautres composantes essentielles de léchiquier international, en dehors de cette instance universelle, apparaît aujourdhui choquant pour les centaines de millions dêtre humains à travers le monde. Léveil des peuples dAfrique, la place du continent dans le monde et sa contribution indispensable dans la prévention et le règlement des conflits, ne permettent plus de maintenir à lécart notre continent de cette prestigieuse Institution quest le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Je vous remercie.
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