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mercredi 22 février 2012

Président

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Un émissaire du Président sénégalais Abdoulaye Wade a été longuement reéu ce midi par le Chef de léÉtat IDRISS DEBY ITNO. Il séagit du Ministre déÉtat, Samuel Sarr venu spécialement remettre un message axé sur la situation politique qui prévaut é léheure actuelle é Dakar

Permettez-moi tout déabord de féliciter le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de léUnion Africaine pour le rapport détaillé quéil vient de nous soumettre. Il ressort de ce rapport que notre Continent néa pas encore totalement rompu avec le cycle infernal de la violence, même séil faut se féliciter de quelques avancées. Je citerais en particulier la crise soudanaise du Darfour avec léAccord de Doha entre le Gouvernement et le Mouvement pour la Libération et la Justice (LJM) ainsi que la mise en place de léAutorité Régionale du Darfour. Je saisis léoccasion pour inviter les autres factions armées à se joindre à cet Accord, car il ne peut y avoir de solution que politique. Mesdames et Messieurs, Je note avec une certaine amertume que notre Continent est encore loin de retrouver la paix comme léatteste les irruptions de violence en République Centrafricaine, au Nigeria et dans certains pays de léespace sahélien. Mon pays, le Tchad, est malheureusement à la croisée de tous ces foyers de tension. Je voudrais à ce niveau insister particulièrement sur la situation en Libye. Les conséquences de la crise survenue dans ce pays voisin et frère touchent non seulement le Tchad et les autres voisins immédiats de ce pays, mais vont au-delà, notamment le Nigeria et le Mali. Ce qui se passe actuellement dans ces deux pays néest pas sans lien avec la crise libyenne, car les troubles sont suscités et alimentés par les combattants et les armes en provenance de Libye.Les combats qui se déroulent au Mali, la connexion Aqmi-BokoHaram au Nigeria en sont la preuve. Jéavais déjà, avant le dénouement de la guerre dans ce pays, attiré léattention de la communauté internationale sur le danger que représentait pour notre région et le reste du monde, le pillage des arsenaux libyens. Aujourdéhui, il y a dans la nature les armes de guerre de tous les calibres armes comprenant entre autres des missiles sol-sol et sol-air, voire des armes de destruction massive. Le déclenchement subit de la violence dans certains pays de la sous-région néest que la première manifestation déun phénomène qui peut prendre une plus grande ampleur. Que faire pour stopper ce phénomène et aider nos frères libyens à restaurer la paix ? La solution, à notre avis, est à deux niveaux. Le premier est déordre interne : Le Gouvernement libyen doit impérativement favoriser et faire accepter la réconciliation et la concorde à léintérieur. Il néest pas possible de faire la paix tant quéil y a des milliers déhommes en armes à léintérieur et autour de la Libye à qui on ne donne une alternative autre que la guerre. Je suggère cette démarche par expérience, car la réconciliation est la condition indispensable pour la paix à léintérieur et dans le voisinage. Le second niveau est déordre régional : il nous faut instaurer en urgence une coopération et une coordination entre la Libye et les pays directement touchés par la crise libyenne en vue déapporter les réponses adéquates aux conséquences sécuritaires que vivent nos pays. Mesdames, Messieurs Mon pays se propose déaccueillir une réunion de haut niveau des pays voisins de la Libye, non seulement pour évoquer ces préoccupations mais également pour aider nos frères libyens à restaurer la paix. LéAfrique qui a impérativement besoin déune Libye nouvelle et stable ne peut se permettre déassister impuissante aux difficultés que vit ce pays frère et par ricochet ses voisins. Je vous remercie.

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