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jeudi 26 juin 2014

Président

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE, MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE SUR L’AGRICULTURE ET LA SECURITE ALIMENTAIRE (Malabo le 26 Juin 2014)

Bongorois, Bongoroises ; Population de la Région de Mayo Kebbi-Est ; Population du pays Massa. Mesdames, Messieurs. La ville de Bongor, ville africaine aux cases obus, ville carrefour, centre commercial actif, référence du collège africain de Bongor dont votre fidèle serviteur que je suis, en est issu, a rassemblé aujourd’hui, tout ce qui fait à la fois la diversité culturelle du Tchad et son unité nationale. Les moments de cette importance ne prennent toutes leurs valeurs, leur signification et leur dimension que lorsqu’ils sont vécus et partagés avec des frères et des amis. C’est pourquoi, je suis particulièrement heureux de souhaiter une chaleureuse bienvenue aux éminentes personnalités, aux différentes délégations des pays et partis amis et frères, hôtes du Mouvement patriotique du Salut et du Tchad, venues de loin, partager la joie du peuple tchadien en ce 23ème Anniversaire de la Journée de la liberté et de la Démocratie. Je leur exprime de manière solennelle, au nom du peuple tchadien tout entier, et en mon personnel, mes sincères remerciements, car leur présence témoigne de l’intérêt qu’ils portent à la vie politique du Tchad. J’adresse les mêmes vœux à vous tous, responsables administratifs, politiques, militaires, traditionnels, militantes et militants du Mouvement Patriotique du Salut, venus de quatre coins du Tchad pour vous joindre à vos sœurs et frères de Bongor. Mes Chers Compatriotes, Mesdames, Messieurs ; Par-delà la joie et la fierté légitimes qui envahissent tous les Tchadiens chaque 1er décembre depuis 1990, en pareille circonstance, il me revient à l’esprit les mêmes sentiments que ceux ressentis chaque fois que je me trouve devant des décisions importantes à prendre pour notre pays. Ces sentiments forts que j’éprouve en retrouvant Bongor, sont réels et sincères à la hauteur des liens tissés entre cette partie de notre pays et ma personne. Mais je suis encore plus fier de constater que Bongor ait pu se doter en cet instant précis des infrastructures propres à elle, pour accueillir généreusement les compatriotes de toutes les régions du Tchad. Mes Chers Compatriotes ; La journée de la liberté et de la démocratie est l’aboutissement d’une longue et éprouvante aspiration du peuple tchadien d’œuvrer aux transformations qualitatives de son cadre et de son niveau de vie. Que de souvenirs ! Que d’événements ne nous ont-ils pas unis dans ce dessein commun ! Nous sommes encore nombreux, témoins vivants de cette noble histoire du Mouvement Patriotique du Salut (MPS). Malheureusement, d’autres pionniers et combattants ne sont plus avec nous ! Pour tous ces vaillants militants qui nous ont quittés et qui sont morts pour la cause de l’instauration de la liberté et de la démocratie dans notre pays, je vous invite à observer une minute de silence pour leur rendre l’hommage qu’ils méritent (la minute de silence). Mes Chers Frères et Sœurs; Mesdames, Messieurs. Après les rêves de libérer le Tchad de la tyrannie, le 1er décembre 1990, a été pour nous, un nouveau départ pour faire du Tchad un grand pays dans le concert des Nations. Cette journée est aussi le moment privilégié que se donnent les Tchadiens pour évaluer les succès enregistrés mais aussi les défis à relever, au-delà de toutes les sensibilités politiques, religieuses, philosophiques où culturelles. 23 Ans de liberté et de démocratie ne représentent pas grand-chose pour la vie d’un peuple. Mais le succès que n’a cessé de remporter notre peuple dans divers domaines de la vie nationale, constitue sans conteste, un motif de légitime fierté. Je ne voudrais pas en effet, dresser ici, un bilan de réalisations nombreuses et diverses à mettre à l’actif de notre marche vers le progrès, mais je souhaiterais plutôt vous convier à méditer sur l’impact de nos actions et le processus d’édification nationale. Mes Chers Compatriotes ; Mesdames, Messieurs. 23 ans d’exercice de pouvoir coïncident avec un tournant décisif de la marche de notre peuple vers son progrès économique et social. Car il intervient à la suite de la première étape de reforme opérée sous le signe de la « Renaissance », solennellement proclamée du haut des tribunes d’Ati en 2010, à l’occasion du 20ème anniversaire de la Journée de la liberté et de la démocratie. En effet, à cette occasion, je vous ai annoncé une série des mesures se rapportant à l’amélioration des conditions de la vie politique, économique, sociale et culturelle de notre pays. La renaissance, nouvelle phase rédemptrice de notre communauté nationale n’aurait aucun sens, si elle ne se nourrit de l’esprit d’unité, de tolérance, de la cohabitation pacifique, de l’ardeur au travail et de progrès que proclame notre credo national. En appelant mes compatriotes au respect de la loi, au respect de la différence, à l’équité et à la cohésion, je ne fais rien d’autre qu’exprimer le vœu d’un vivre ensemble véritable et d’une unité nationale réelle sans lesquelles la paix, la sécurité et la stabilité politique ainsi que les avancées socioéconomiques engrangées depuis 2009, ne seraient qu’un coup d’épée dans l’eau. Après 23 années d’apprentissage démocratique, nous pouvons nous féliciter des avancées significatives enregistrées. Malgré les difficultés et les crises, que d’acquis procurés à notre peuple, que de mutations heureuses et irréversibles subies par notre vie politique. Aujourd’hui nous pouvons être fiers d’avoir gagné le pari : la Nation tchadienne est une réalité, la démocratie s’enracine, les Institutions Républicaines mises en place se consolident; la paix et la sécurité règnent sur toute l’étendue du territoire. Le tout couronné par l’esprit de dialogue et de concertation dont font preuve les acteurs politiques de notre pays, partageant tous, les mêmes espoirs pour un Tchad meilleur. Après l’accord du 13 août 2007, notre pays se dote aujourd’hui d’un nouveau cadre de dialogue politique dans lequel sont représentées toutes les sensibilités nationales. En se prêtant ainsi positivement au dialogue, les Tchadiens dans leur ensemble ont fait preuve de la juste appréciation de nos intérêts. Cette maturité politique a permis aux institutions de la République d’accomplir positivement leur mission et faire avancer notre démocratie. La pratique de la démocratie dans notre pays, est devenue une recette que plusieurs pays ont eu déjà à importer. J’invite à la poursuivre dans ce cadre eu égard aux échéances qui nous attendent. Mesdames et Messieurs, Sans fausse modestie, nous proclamons haut et fort que le Tchad dans son ensemble est un chantier ouvert. Mon engagement soutenu à doter toutes les régions du Tchad d’infrastructures dignes de ce nom n’est pas un goût de prestige. Bien au contraire, je ne fais que répondre aux seules aspirations de notre peuple à sortir de la pauvreté et du sous-développement. En ce qui concerne cette région du Mayo-Kebbi précisément, dans le programme global de lutte contre les effets des aléas climatiques et le désenclavement de notre pays, je ne saurais perdre de vue que les inondations successives dont la ville de Bongor souffre chaque année, n’auraient de solutions viables sans la reconstruction des digues sur la berge du Logone aux normes requises. De même, le désenclavement total de notre pays engagé depuis quelques années déjà, n’oubliera pas de prendre en compte la construction d’un pont à double voie sur le Logone pour relier Bongor aux autres pays par la République sœur du Cameroun. Mes Chers Compatriotes, Les indicateurs macroéconomiques de notre pays rassurent, au regard de l’embellie constatée dans les différents secteurs et le taux de croissance positif enregistré. De l’avis de tous les partenaires impartiaux, les perspectives demeurent confiantes pour notre pays. Malheureusement, il y a des pratiques encore vivaces qui annihilent les efforts et gangrènent notre économie. La corruption, la concussion, les passe-droits, les dessous de table, le favoritisme et le détournement, ont contribué à la baisse des recettes de l’État. Je réitère mon engagement de mener une lutte sans merci contre les agents indélicats de l’État et les opérateurs économiques qui échappent au fisc avec une tolérance zéro. Pour maintenir le cap de la croissance et aller de l’avant, le gouvernement doit poursuivre l’œuvre de l’assainissement et de la moralisation de la vie publique pour prévenir et réprimer tous les abus et errements. Les agents de l’État, à tous les niveaux, doivent améliorer leurs performances et travailler avec méthode et abnégation dans la loyauté, tout en faisant preuve d’une haute conscience professionnelle, de probité morale, et de compétence. Mon engagement ferme pour la bonne Gouvernance m’a conduit à signer le document du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP). J’invite chaque tchadienne et chaque tchadien à adhérer à ce mécanisme pour la bonne croissance économique et sociale de notre pays. Mes Chers Compatriotes, Notre pays est confronté ces dernières années à la cherté de vie consécutive à la flambée des prix des produits de premières nécessités. Ce phénomène est certes mondial, mais exagérément pratiqué chez nous. S’il est vrai que la libéralisation de l’économie permet à l’opérateur économique de pratiquer le prix de son choix, dans un contexte de compétition équitable, il est inadmissible que les denrées de premières nécessités, produites chez nous, soient vendues deux ou trois fois plus chers qu’ailleurs. Cette attitude cynique des spéculateurs véreux doit s’arrêter. Le Gouvernement doit trouver le mécanisme approprié pour alléger les souffrances des ménages dues à une inflation injustifiée des prix. Mes Chers Compatriotes, Un pays comme le Tchad, doté d’énormes potentialités et des ressources naturelles incommensurables, doit être capable d’assurer sa sécurité alimentaire. C’est le défi que nous tenons coûte que coûte à relever. A cet effet, l’agriculture qui a toujours retenu notre attention, demeurera encore pendant longtemps parmi nos priorités majeures. Nous rappelons que mêmes les grandes puissances du monde industrialisé d’aujourd’hui, doivent leur succès dans le palmarès, principalement à leurs performances dans le domaine agricole. Voilà pourquoi, le programme de développement rural initié doit être l’affaire de tous et nous devons tous nous y atteler. J’invite par conséquent, le secteur privé à orienter ses activités vers la production animale et agricole, vecteurs par excellence de la création des richesses. Le gouvernement doit encourager ceux qui investissent dans ces secteurs en leur apportant un appui conséquent à la dimension de leurs projets. La lutte contre la cherté de vie qui est notre priorité première aujourd’hui, sera un leurre, si elle n’est pas basée sur le développement et la modernisation du secteur agro-pastoral de notre pays. Le Gouvernement est instamment interpelé à agir contre ceux qui rendent la vie chère. Cette race des spéculateurs ayant le goût du gain facile, doit être traquée sur toute l’étendue du territoire et sévèrement sanctionnée par la justice. J’y veillerai personnellement. Mes Chers Compatriotes, S’agissant de l’emploi en général, et celui des jeunes en particulier, je voudrais rappeler ici que la question du chômage de nos jeunes constitue pour moi, une source de préoccupation majeure. C’est donc à juste titre que j’ai privilégié pendant ce quinquennat de la Renaissance, l’emploi des jeunes. Je ne cesse de réaffirmer mon adhésion à tout effort tendant à offrir un travail décent, permettant d’édifier un cadre social propre à garantir la paix, la stabilité et assurer la prospérité et la justice sociale. Malheureusement, il se pose un réel problème d’orientation professionnelle pour des milliers de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché de l’emploi. Certaines formations constituent des impasses en matière d’emploi à court et moyen termes, car elles ne répondent pas aux besoins de l’État et le secteur privé, peu développé, ne peut les absorber. Malgré cette situation, nous continuons de former des diplômés chômeurs alors que dans les secteurs clés comme l’agriculture, l’élevage, la santé, l’industrie, l’éducation, il y a un manque cruel des mains d’œuvre qualifiées et spécialisées. La formation doit s’inscrire dans les orientations de la stratégie Éducation et formation en liaison avec l’Emploi. Elle doit aussi tenir compte des besoins réels du secteur privé. De même l’éducation et la formation de la femme en général, et celles de la jeune fille en particulier, font l’objet de mes préoccupations. Mes Chers Compatriotes, La problématique de l’emploi des jeunes, nous renvoie à l’épineuse question de l’efficacité et de l’efficience du système éducatif tchadien. Notre pays place l’Éducation au premier rang de ses priorités. C’est pourquoi, une place de choix est accordée à l’éducation dans notre politique sociale. Malgré les nombreuses réalisations opérées dans les domaines des infrastructures scolaires, de formation des enseignants, de réforme des programmes et de la dotation en matériels didactiques, les indicateurs de qualité ou de rendement interne et externe, sont encore faibles. L’on enregistre de faibles taux de réussite aux examens du secondaire, notamment au Baccalauréat où la situation se dégrade d’année en année. Et cela, malgré l’adoption en 2006, de la loi d’orientation du système éducatif tchadien et des recommandations pertinentes issues du Forum National de Réflexion sur le Système éducatif tenu en Septembre 2012. Ces mauvais résultats procèdent de la négligence sinon de l’indifférence des corps enseignants qui n’assurent pas un bon encadrement aux élèves et surtout des parents qui ont démissionné devant leur responsabilité de suivi régulier de leurs enfants à la maison. Les enseignants et les parents d’élèves sont interpellés afin qu’ils assument pleinement leur devoir. Le Gouvernement doit traduire sans délai, dans les faits, les dispositions de cette loi et mettre en application les recommandations de cet important Forum. L’école tchadienne doit retrouver ses lettres de noblesse pour permettre au système éducatif de mieux répondre à nos attentes face aux exigences du développement. Par ailleurs, le Gouvernement doit mettre en œuvre un vaste programme d’enseignement technique et de formation professionnelle au profit de jeunes d’ici à 2016. Il revient maintenant aux différentes couches de la jeunesse de prendre conscience et saisir cette perche pour sortir de la situation d’oisiveté qui freine leur épanouissement. Le ministre de l’enseignement professionnel est instruit dès cet instant, à équiper les 23 régions du Tchad des centres de formation professionnelle afin de développer l’emploi local et ralentir l’exode rural, en redynamisant le secteur privé et l’auto-emploi. Un autre fléau rampant mais qui tue en silence des milliers de nos jeunes est sans conteste la consommation des produits illicites et médicaments contrefaits comme l’alcool, la drogue, le tramol bien prisé chez les jeunes et d’autres produits frelatés. Le phénomène de la vente de médicaments illicites et la consommation de faux médicaments ont explosé et causé des milliers de décès. Elles constituent une menace à la santé et à l’ordre public et mettent en danger la santé de la population tout en faisant perdre d’énormes ressources à l’État. Le gouvernement doit mener une lutte implacable contre la commercialisation, la prolifération des faux médicaments et produits prohibés sur toute l’étendue du territoire, afin de juguler ce mal qui est devenu un véritable problème de santé publique. Mes Chers Compatriotes. Notre pays ne vit pas isolé du reste du monde. Tous les événements qui secouent actuellement notre planète et particulièrement l’Afrique, nous concernent d’une manière ou d’une autre. A chacune de ces situations, le Tchad doit demeurer attentif et apporter, dans la mesure de ses moyens d’action, sa part de contribution dans la recherche d’une solution globale et définitive, comme il l’a fait et continue de le faire en République centrafricaine et au Mali. C’est le lieu de féliciter les soldats tchadiens qui, au prix de leur vie, font un travail remarquable partout où ils se trouvent. Cependant, nous demeurons préoccupés par la situation sécuritaire chez certains de nos voisins, notamment la République centrafricaine, la Libye, le Nord Nigeria et le Darfour au Soudan. Nous appelons par conséquent, les gouvernements de ces pays et les forces qui s’y opposent à mesurer le degré des souffrances qu’endurent les milliers de leurs concitoyens victimes de la violence parfois gratuite. Le même appel est lancé à l’endroit de la Communauté Internationale pour qu’elle s’implique davantage à la résolution de toutes ces crises. Mes Chers Compatriotes ; L’année 2014 doit être celle de l’action et de l’engagement. Il ne s’agit pas de simples expressions pour amuser la galerie. Nous devons y parvenir par tous les moyens et s’il nous arrive de remarquer que le seul goulot d’étranglement dans la voie de notre réussite totale est constitué par la cupidité et le désengagement de certains cadres, la justice s’occupera de leurs dossiers. Mes chers Frères et Sœurs; Le Tchad a tous les atouts pour figurer parmi les grandes nations du monde. J’ai foi en la détermination du peuple tchadien à faire, ensemble avec moi, ce chemin qui mène vers le développement et vers le bien être social. Tous ensemble, maitres de notre destin, décidés à nous pénétrer des valeurs profondes, nous pourrons regarder l’avenir, confiants dans toutes les potentialités tant humaines que matérielles de notre pays, sûrs de notre bonheur collectif. Je lance donc un appel solennel de tolérance et de fraternité à toutes les filles et à tous les fils du Tchad, tout en souhaitant que demeurent libres et prospèrent pour toujours, dans l’indépendance, l’unité, la justice et la paix, le Tchad et son vaillant peuple. Mes Chers Frères et Sœurs ; Pour finir, permettez-moi de rappeler que la célébration tournante de la journée de la liberté et de la démocratie est pour nous l’occasion de développer le Tchad dans son ensemble et sa diversité. Aussi, me plait-il d’annoncer d’ores et déjà que l’heureuse ville retenue pour accueillir le 24ème grand rendez-vous est Ndjamena. Bon anniversaire, Vive le Tchad, Vive la République, Je vous remercie.

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