Le Chef de léÉtat IDRISS DEBY ITNO a accordé ce matin une audience au ministre gabonais des Affaires étrangères, M. Issozé Ngondet Emmanuel. Il est porteur déun message de son Président, Ali Bongo Ondimba é son homologue IDRISS DEBY ITNO.
Excellence IDRISS DEBY ITNO, Président de la République séur du Tchad. Je voudrais vous dire ce petit mot pour votre contribution historique : merci. Merci en mon nom propre, du fond du céur et de la part du Président déun pays fortement éprouvé mais qui séefforce de revenir à la normalité grâce à la chaîne de fraternité dont vous, Président Déby et votre peuple, êtes un maillon essentiel. Merci aussi au nom du peuple malien du fond du céur pour les deux mille soldats de la vaillante armée tchadienne que vous avez engagés, sans calcul et sans condition dans lééuvre de libération de mon pays. A Gao, Kidal, Tombouctou, Douentza, des mères pleuraient le viol de leurs filles, léamputation de leurs garçons, léhumiliation de leurs époux. Vous avez su entendre leurs sanglots. Vous avez donné suite à léappel de ces adolescents transformés en enfants-soldats et en bombes humaines et marchant en automates pour tuer et se tuer, au service du Diable. C'est-à-dire déhommes se disant de foi et loi, mais qui néont déautre foi que léimposture, déautre loi que léépée par laquelle, grâce à Dieu et grâce aux amis du Mali dont vous-même Monsieur le Président, ils sont en train de périr, eux aussi. Aux aléas de léaventure, ils ont jeté des centaines de milliers de nos compatriotes qui ne demandaient quéà rester maliens, qui disent quéils ne veulent être que Maliens et qui pratiquaient, sans ostentation, leur religion. Pas cette religion récusable qui vénère le Dieu du narco-dollar mais la religion apaisante qui conduit au Dieu de léamour, de la tolérance et de la non-violence. Parce que la bête en eux est plus forte que Dieu, ces envahisseurs avaient imposé leur charia obscure et répandu le sang sur sa route. Chaque mausolée de saint quéils pouvaient profaner, ils léont profané. Chaque lieu de culte millénaire quéils pouvaient démolir, ils léont démoli. Y compris à Tombouctou, surtout à Tombouctou, cité-phare déune civilisation qui au-delà du Mali, a rayonné, à travers les siècles pour léAfrique et pour le monde. Toute cette tragédie est maintenant en voie de se terminer et ce néest pas sans vous. Céest grâce à votre pragmatisme, à votre attachement aux grands idéaux, à votre sang africain, au courage de vos soldats et à leur art de se battre que le Mali se relève écrivant avec vous, une des plus belles pages de la fraternité entre les hommes, entre les frères et les peuples. Le Mali a le sens de léhonneur, le Mali qui néoublie jamais sa dette, le Mali qui ne mord jamais la main qui lui est tendue, vous dit merci et vous demande, Président de transmettre sa gratitude aux régions du grand Tchad :Batha Est ;Batha ouest ; Chari-Baguirmi, Hadjer-Lamis, Wadi -Fira, Borkou, Ennedi Est ;Ennedi ouest ; Tibesti, Guéra, Kanem, Lac ,Logone occidental, Logone oriental, Mandoul, Mayo-Kebbi Est, Mayo-kebbi Ouest, Moyen-chari, Ouaddai, Salamat, Sila, Tandjilé, NéDjaména. Le Mali néest pas surpris par léélan humaniste du pays qui est le berceau de léhumanité. Car néoublions pas que céest ici chez vous, dans léerg dunaire du Djourab quéen 2001,le travail pionnier déun savant tchadien a permis de découvrir les ossements du premier homme, donc les premiers pas de la riche aventure humaine. Si à cet homme premier la science a donné le nom compliqué de Sahelanthropus Tchadensis, vous avez eu, Président Déby, léheureuse inspiration, de le baptiser Toumaï ou « Espoir de vie » en langue Gorane. Comme cet espoir de réinsufflé aujourdéhui aux millions de Maliens qui méont chargé de venir vous dire toute leur gratitude. Mais nous avons encore à nous indigner ensemble et à agir ensemble pour faire barrière à la fourberie et au mépris de ceux qui crient à une guerre des puissances contre des musulmans sans défense. Il ne leur reste plus que ce cri de vierge effarouchée. Mais même ce cri, nous devons le leur refuser au nom de la culture de la paix contre celle de la désolation et au nom de la doctrine de la convivialité contre celle des larmes. Pourquoi séélever contre une guerre juste ? Pourquoi séélever contre une guerre contre le crime organisé ? Pourquoi fermer les yeux pendant de longs mois sur le meurtre et léhumiliation de musulmans ? Parce que la guerre néest pas finie même si ensemble nous avons remporté de grandes batailles et parce que déobscurs lobbies vont toujours tenter de faire de nous des bourreaux alors que nous sommes des victimes ; nous devons terminer ensemble ce que nous avons commencé. Mais déjà, pour ce que vous avez fait et ce que vous continuez de faire pour la dignité et léunité reconquises du Mali, laissez-moi vous répéter, ici sur les bords du Logone, une formule que nous avons en partage car léislam est facteur déintégration plutôt que de division : Al barka ! Merci Président Déby ! Merci au grand peuple tchadien ! Merci à la grande armée tchadienne ! Que le Tout Puissant continue à nous inspirer et quéil bénisse léAfrique !
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