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jeudi 26 juin 2014

Président

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE, MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE SUR L’AGRICULTURE ET LA SECURITE ALIMENTAIRE (Malabo le 26 Juin 2014)

- Monsieur le Premier Ministre ; - Monsieur le Vice-président de l’Assemblée Nationale ; - Mesdames, Messieurs les Présidents des Grandes Institutions de la République ; - Mesdames, Messieurs les Membres du Gouvernement ; - Mesdames, messieurs les Députés ; - Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Institutions Internationales ; - Monsieur le Maire de la ville de Mongo ; - Mesdames et Messieurs les Autorités administratives, Politiques, traditionnelles et Religieuses; - Distingués invités ; - Laborieuses Populations du Guéra ; - Mesdames, Messieurs. Je voudrais avant tout propos, remercier la population de la Région du Guéra , sortie massivement hier, pour me réserver un accueil chaleureux, fraternel et hospitalier, digne des valeurs traditionnelles et ancestrales de cette région. Cette mobilisation a redoublé encore d’intensité ce matin avec cette présence massive des femmes, des jeunes, des cadres issus de toutes les couches sociales et de toutes les catégories socioprofessionnelles. Cette marée humaine, traduit l’attachement de la population du Guéra aux activités agricoles. La ville de Mongo a le privilège d’accueillir cette année, la cérémonie de lancement de la campagne agricole 2014-2015. Le choix du chef lieu de la région du Guéra n’est pas le fait du hasard : région à vocation agro-pastorale, comme la plupart de nos régions, le Guéra a connu au cours de la campagne agricole écoulée, un accroissement significatif de superficies emblavées, toues cultures pluviales confondues, même si le bilan céréalier n’a pas été à la hauteur des attentes du fait des aléas climatiques. Mesdames, Messieurs ; L’agriculture constitue le moteur de la croissance, le facteur essentiel de réduction de la pauvreté et le fondement de la souveraineté alimentaire. C’est fort de cette conviction que j’ai pris l’engagement le 8 Août 2011, à l’occasion de mon investiture à la Magistrature Suprême, de consacrer les trois premières années de mon mandat au développement rural. Ceci par des investissements substantiels, avec l’ambition de vaincre la faim. Depuis cette date, des vastes programmes visant la modernisation et la mécanisation de l’Agriculture ont été entrepris notamment les aménagements hydro-agricoles des milliers d’hectares des parcelles cultivables ; la mise à disposition au profit des producteurs des tracteurs et accessoires ainsi que des équipements de traction animale. La fourniture d’engrais à prix fortement subventionné ; la lutte contre les ennemis de culture et la distribution gratuite de semences aux producteurs dans les zones à risque. Je me réjouis de constater que la mise en œuvre de ces programmes produit déjà des résultats visibles qui se traduisent par l’amélioration des rendements agricoles dans nos différentes Régions. Des progrès significatifs sont observés, marqués par une tendance à la croissance agricole annuelle, elle-même, liée à l’augmentation des dépenses d’investissement dans le secteur rural en général, et dans l’Agriculture en particulier. Je voudrais à cette occasion, exprimer du fond de mon cœur, mes encouragements et mon admiration aux principaux acteurs du monde rural : agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, artisans et leurs organisations faitières qui, malgré leurs moyens dérisoires, se battent quotidiennement pour répondre aux besoins alimentaires de leurs familles et ceux de douze (12) millions de tchadiens. Si la mise en œuvre de ces vastes programmes a été réalisée sur les ressources propres de l’État, nous demeurons sensibles aux efforts déployés par nos Partenaires au développement dont l’appui constant et désintéressé mérite la reconnaissance et les encouragements du Peuple Tchadien. Mesdames, Messieurs ; La lutte contre l’insécurité alimentaire est un combat de longue haleine. Si la situation alimentaire s’améliore dans nos Régions, il n’en demeure pas moins que des efforts importants restent à déployer pour atteindre nos objectifs. C’est sur ces bases solides que nous voulons ici renouveler notre engagement de soutenir en priorité le développement rural par des investissements dans l’Agriculture, en vue de parvenir à la souveraineté alimentaire à l’horizon 2020, étape essentielle vers un Tchad émergent à l’horizon 2025. A cet effet, notre lutte doit être axée sur la réduction de notre dépendance des aléas climatiques. De nouveaux périmètres irrigués, conçus sur la base d’études de faisabilité avec la participation des petits exploitants, seront substantiellement aménagés pendant cette campagne agricole. La mécanisation de l’Agriculture se poursuivra de manière à atteindre l’objectif de 5 000 tracteurs en 2015. L’élaboration de la Politique semencière et le développement des systèmes efficaces d’approvisionnement en intrants tout comme le renforcement de la formation des jeunes ruraux à travers la relance des activités des Centres de Formation et de la Promotion Rurale, doivent mériter toute notre attention. De même, la promotion de filières porteuses par la transformation agro-industrielle demeure une approche à même de renforcer notre lutte. Tous ces efforts doivent être sous-tendus par la prise en compte de l’Homme, facteur essentiel du développement agricole. C’est pourquoi, un accent particulier doit être mis sur la structuration des Organisations Paysannes en Coopératives capables de gérer des équipements agricoles, tout en servant de cadre de formation et d’encadrement. Des dispositions adéquates doivent nécessairement être prises pour capitaliser le potentiel humain dont nous disposons. Les 78% de ruraux et les 30 000 organisations paysannes constituent le principal rempart contre l’insécurité alimentaire. A cet effet, une campagne de sensibilisation intense mérite d’être organisée à l’endroit de cette couche importante afin qu’elle s’imprègne mieux de sa responsabilité et de l’enjeu que représente cet important secteur. Le développement durable de notre pays passe obligatoirement par la sécurité alimentaire et nutritionnelle, sinon par une autosuffisance alimentaire qui intègre fortement toutes les couches vulnérables. Malgré les conditions agro-climatiques peu favorables, nous disons que nos efforts, en termes de ressources et de stratégies, doivent plus s’orienter sur le renforcement de la résilience de nos systèmes agricoles en plaçant la femme et la jeunesse au centre du processus de développement agricole. Mesdames, Messieurs ; Le développement harmonieux de notre pays passe aussi par notre capacité à le maintenir dans la paix et la stabilité. C’est pourquoi, nous devons rester vigilants pour contrer toutes menaces qui pourraient compromettre cette paix et cette stabilité chèrement acquises. Nous devons éviter que des conflits et autres crises que connaissent nos voisins n’influent négativement sur la bonne marche de notre pays vers un avenir prometteur et radieux. Je voudrais à cet égard, insister singulièrement sur les risques de débordements de la crise centrafricaine sur notre territoire. Nous savons aussi que certains esprits malveillants sont à l’œuvre et veulent replonger le Tchad dans la situation dramatique qu’il : a connue en 1979. Sachons faire barrière à ceux là mêmes qui ont conspiré contre notre pays et l’ont plongé dans le chaos, en ces années sombres de son histoire. Sachons donc déjouer les pièges mortels qu’ils veulent placer sur le chemin de notre unité nationale et de notre cohésion sociale. C’est pourquoi, j’invite instamment les autorités administratives et les responsables des services de défense et de sécurité à la plus grande vigilance, singulièrement dans les zones frontalières. Des mesures strictes doivent être prises contre toute personne entrant en arme sur notre territoire ; la sécurité de nos populations doit être fermement assurée. J’invite aussi nos frères et sœurs, rapatriés de la RCA, à tourner le dos au ressentiment et à la rancœur pour rechercher la voie de leur réinsertion dans leur pays. Ils peuvent compter sur la solidarité nationale, sur les pouvoirs publics pour les aider dans leurs efforts de réinsertion sociale. Mesdames, Messieurs, Pour revenir à cette campagne agricole 2014/2015 qui commence, je dirais simplement qu’elle est prometteuse. Des grosses pluies ont déjà arrosé la zone soudanienne. Par conséquent, j’invite le Gouvernement à s’assurer des dispositions nécessaires en vue de faciliter la réalisation des actions essentielles programmées pour la réussite de la Campagne agricole 2014/2015. C’est sur cette note d’espoir que je déclare lancée, la Campagne agricole 2014/2015. Je vous remercie.

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