En tournée dans la sous-région, le ministre français des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius a été reéu hier soir par le Président de la République IDRISS DEBY ITNO
« Nous Chefs déÉtat et de Gouvernement de léAutorité du Bassin du Niger, réunis à Marseille, le 12 mars 2012, à léinitiative de la fondation Chirac, pour la Conférence « Solidarité pour léeau dans le bassin du Niger : des engagements pour des solutions » présentée dans le cadre du 6éme Forum Mondial de léEau. Nous référant à la Convention déoctobre 1987 révisée portant création de léAutorité du Bassin du Niger à NéDjaména (Tchad) Considérant que léaccès à léeau potable et à léassainissement est un droit fondamental tel que le reconnaît léOrganisation des Nations Unies et le Conseil des Droits de léHomme ; Considérant que dans les neuf pays du Bassin du Niger, des franges importantes de la population néont pas accès à ce droit fondamental, ce qui est contraire à la dignité humaine et constitue une injustice génératrice de déséquilibres et de tensions ; Conscients des menaces que font peser sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, déune part, les perspectives déévolution démographique sociale, économique et environnementale dans nos pays et déautre part les incertitudes sur les supports en eau futurs dans le Bassin du Niger du fait des changements climatiques ; Reconnaissant la communauté déintérêts qui lie les Etas membres de léABN dans léexercice de leurs droits et de leurs obligations dans la gestion des ressources en eau du Bassin ; Considérant la déclaration de Niamey du 12 septembre 2003 relative au processus déélaboration déune Vision partagée pour le développement du Bassin du Niger ; Adoptons les principes suivants : 1. Les États membres de léABN séengagent à ratifier, séils ne léont déjà fait, la Convention des Nations Unies adoptée en 1997 relative aux utilisations des cours déeau internationaux à des fins autres que la navigation, unique instrument juridique à vocation universelle régissant léutilisation, la gestion et la protection des cours déeau partagés ; 2. Les États membres de léABN considèrent comme indispensable la bonne compréhension du « territoire hydrologique » que constitue le Bassin du Niger afin de disposer de toute léinformation nécessaire aux prises de décision. Ils séengagent à mettre en éuvre les moyens indispensables pour cela en renforçant les réseaux de mesure et les structures en charge de les maintenir, en encourageant la conception de modèle et en soutenant les études et les recherches associées ; 3. Les États membres séengagent à placer « léassainissement » au rang des priorités de léaction publique, au même titre que « léaccès à léeau ». Pour ce faire, ils appliqueront le principe de « pollueur épayeur » inscrit dans la Charte de léeau du Bassin du Niger, et ils séattacheront à développer léaccès des populations à un service déassainissement ainsi quéà une éducation à léhygiène en zone urbaine comme en zone rurale ; 4. Les États membres considèrent comme nécessaire et prioritaire léoptimisation de la consommation en eau et séengagent à léinciter efficacement, notamment séagissant des pratiques déirrigation ; 5. La reconnaissance par les Nations Unies du droit à léeau et à son assainissement confère désormais une priorité accrue à la satisfaction de ce besoin essentiel. A cette fin, les États membres mettront en éuvre des mécanismes de financement à lééchelle nationale et régionale, en renforçant les contributions étatiques et en appliquant le système de redevances prévu par la Charte de léeau du Bassin du Niger et son annexe environnementale. Ils invitent les organismes bilatéraux et multilatéraux à séassocier à ces efforts par un accroissement significatif de leurs contributions. 6. Les États membres séengagent à traduire dans leurs budgets nationaux leur priorité pour léaccès à léeau et à léassainissement, et à encourager fortement les contributions financières des organismes bilatéraux et multilatéraux dans ces domaines sur la base des stratégies déterminées par leurs propres besoins ; 7. Les États membres prendront les mesures nécessaires pour encourager léensemble de leurs collectivités territoriales à séapproprier les principes ici énoncés, et encourageront les actions de coopération décentralisée permettant de les mettre en pratique ; 8. Les États membres séengagent à mettre en éuvre les principes de la Vision Partagée, notamment lors de la programmation de nouveaux projets de grands barrages, et par le renforcement de léAutorité du Bassin du Niger ; 9. Les États membres prendront au plan de leur législation internationale et de leur gouvernance, les mesures nécessaires pour la mise en éuvre de la Charte de léeau du Bassin du Niger, en concertation avec la société civile et les représentants de la Jeunesse. Tous conscients de léimportance de cet enjeu pour les générations futures, nous nous engageons à mettre en éuvre ces principes et signons cette déclaration. Marseille, le 12 mars 2012