Discours du Président IDRISS DEBY ITNO à la réunion tripartie du 23 mai 2011 à Khartoum (Soudan)
Messieurs les Présidents, Chers frères, Mesdames, Messieurs les ministres Notre rencontre est le signe dune volonté partagée de vivre en paix et dans la fraternité. Elle sinscrit dans la logique dune collaboration, voire dune complémentarité dictée par la géographie. Chaque fois quun de nos pays est inquiété, les deux autres en ressentent automatiquement les effets. Limbrication de nos trois territoires et de leurs peuples sont à la fois des sources de rapprochement et des occasions propices pour tous les individus mal intentionnés. Nos populations ballotées par des décennies de violences, naspirent quà la paix. Etant donné notre amour de vivre ensemble, nos objectifs de paix ne sont pas irréalisables. Car linsécurité et les violences sont des phénomènes artificiels et souvent importés. Les drames humains vécus par nos pays pendant les dernières décennies nous enseignent en outre que la paix ne peut sobtenir que par une action concertée et en comptant dabord sur nos propres forces. Durant les deux dernières années, nous avons réalisé des progrès importants dans le domaine de la sécurité, par les efforts de chaque gouvernement comme par nos actions concertées. Nous avons prouvé surtout que nous sommes capables de nous comprendre et de sécuriser nos frontières. Dans ce même élan, nous devons conjuguer nos efforts pour enrayer durablement linsécurité et garantir à nos populations un cadre de vie pacifique. Dans la mesure de ses moyens, le Tchad assurera sa part de cet effort et sengage à entretenir dans ce but, une collaboration fraternelle avec les républiques surs du Soudan et de Centrafrique. Cette entente nest orientée contre aucun pays et doit pas être perçue comme une exclusion envers qui que ce soit. Elle est tout simplement une réponse immédiate à des problèmes urgents. Elle sera conduite en conformité avec les lignes politiques de notre organisation continentale (Union Africaine) et restera ouverte à la participation de toutes les bonnes volontés. Je me félicite de la concordance de vues avec mes frères Oumar Hassan El-Béchir et François Bozizé sur cette question. Au-delà des objectifs de sécurité, je suis réconforté par la convergence des vues avec mes frères sur le renforcement des échanges commerciaux et la cohabitation entre nos populations. Il sagit de faire des zones de contact de nos trois pays, des zones de brassages et des pôles de développement économiques. Au Tchad, nous avons déjà inclus à notre programme de développement le raccordement au réseau routier et au réseau ferroviaire soudanais, avec prolongement logique vers la RCA, le Cameroun, le Niger et le Nigéria. Je remercie surtout la prompte réaction et laccueil chaleureux de mes frères soudanais qui nous offrent cette occasion de discuter dun problème qui préoccupe tant nos populations et darrêter les bases dune solution.