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mercredi 8 mai 2013

Président

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Le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a rencontré ce matin les chefs des partis politiques et des associations de la société civile. Une communication sur les derniers récents événements quéa connus le pays leur a été livré

Monsieur le Président, le Tchad et la Chine ont repris leurs relations diplomatiques depuis 2006, quelle évaluation vous faites aujourdéhui sur la coopération entre les deux pays ? Les relations entre la République Populaire de Chine et le Tchad sont excellentes. Dans le cadre la coopération bilatérale, nous avons fait beaucoup de choses en très peu de temps. La Chine est devenue aujourdéhui pratiquement le premier partenaire du Tchad, dans le domaine de la santé, de léagriculture, de la formation professionnelle, de la santé. La Chine nous accompagne aussi dans la mise en valeur des ressources minières. Nous avons eu, pour la première fois, notre indépendance énergétique. Aujourdéhui, non seulement le Tchad utilise son propre carburant mais ravitaille déautres pays, notamment la République centrafricaine, le Nord Cameroun, le Darfour (Soudan). A cela séajoutent les grands projets pour lesquels la Chine nous accompagne. Au total, je dirais quéen très peu de temps, la Chine a aidé le Tchad à atteindre un niveau de développement considérable. La Chine a facilité aussi la construction des grands édifices publics, telle que léAssemblée nationale. Elle a donné un siège à léAssemblée Nationale. Nous avons également envisagé déautres projets, telle que la construction de léaéroport international de NéDjaména. Nous avons aussi, en concertation avec la Chine, programmé la construction de 500 km de routes. Avant la fin de léannée 2014, la Chine va exporter le brut tchadien. Donc, voyez-vous, de 2006 à 2013, il y a 7 ans, céest une coopération dynamique Sud-Sud. Céest nous qui faisons le choix des projets et la Chine exécute, contribue et réalise dans un partenariat important. Il y a cinq grandes entreprises chinoises qui sont installées au Tchad. Il y a, bien sûr, la CNPC qui exploite le pétrole. Il y a aussi quatre entreprises spécialisées dans le domaine des travaux publics et des bâtiments. Il y a aussi une entreprise spécialisée dans le domaine de léeau et de la fourniture de léeau potable pour le monde rural. Globalement, la Chine contribue pour une part importante. Je profite donc de cette occasion pour féliciter nos amis chinois qui travaillent au Tchad. Céest un travail remarquable, céest un travail professionnel dans la construction des routes, des bâtiments et des édifices publics. Il faut relever aussi quéil y a un nombre important de médecins chinois qui travaillent dans nos différents hôpitaux et centres de santé. Céest donc une coopération de très grande qualité dans le cadre du partenariat entre le Tchad et la Chine. Quelles sont, Monsieur le Président, les attentes du Tchad par rapport à cette coopération que vous qualifiez de dynamique ? Nous avions eu ce matin (NDLR : mardi 28 mars 2013) un déjeuner dééchanges avec le Président de la République Populaire de Chine, Xi Jimping, en compagnie déautres leaders chefs déÉtat. La Chine entretient un partenariat très important avec léAfrique. Céest pour la première fois que certains chefs déÉtat, comme moi et les autres, participent au sommet des BRICS. Cela a été une très grande opportunité pour nous, et en plus de la rencontre déhier (NDLR : Mercredi 27 mars 2013), élargie à léensemble des membres de BRICS, une rencontre Chine-Afrique a eu lieu aujourdéhui (NDLR : jeudi 28 mars 2013). Léensemble des Chefs déÉtat ont reconnu que le partenariat Chine-Tchad est dynamique. Maintenant, les attentes des africains, céest de renforcer ce partenariat qui existe entre léAfrique et la Chine dans les domaines aussi importants que les infrastructures routières et aéroportuaires, léénergie, les recherches minières. Donc, les attentes du Tchad se situent à ce niveau-là. Céest de cela que nous avons parlé ce matin avec le Président chinois et qui englobe tout ce dont je viens de parler. Les chinois sont nombreux en Afrique. Ils sont acceptés par les sociétés africaines. Pour nous Africains, la Chine est un pays du Sud. Céest une puissance économique. Elle siège au Conseil de Sécurité avec un droit de véto. Céest un partenaire extrêmement important dans le domaine politique et diplomatique. LéAfrique se trouve parfaitement bien dans sa coopération avec la Chine. Cette coopération ne doit générer personne. Elle ne doit pas gêner nos alliés traditionnels. Ils doivent faire comme la Chine. Certains disent que la Chine colonise léAfrique. Non, la Chine ne colonise pas léAfrique. Céest un partenaire avec lequel nous coopérons déégal à égal qui ne se mêle pas dans les affaires intérieures des États Monsieur le Président, le Tchad ne peut pas seulement être un pourvoyeur de matières premières. Quel rôle votre pays entend jouer dans cette coopération bilatérale sino-tchadienne ? Nous avons dit haut et fort ce matin au Président chinois que léAfrique ne doit pas être seulement un pourvoyeur de matières premières pour la Chine. La chine doit contribuer à léindustrialisation de léAfrique. Elle a accepté de contribuer à léindustrialisation de léAfrique, céest-à-dire à transformer les matières premières dans léagroalimentaire, dans le minier de manière à ce que bien que nous consommons chinois, la Chine aussi consomme des produits africains. Nous sommes bien dans léétat déune coopération dont la formule est bien connue aujourdéhui, céest la « coopération gagnant- gagnant » En votre qualité de Président en exercice de la Communauté Economique des États de léAfrique Centrale. A ce titre, comment entendez-vous amener les autres pays de la sous-région à coopérer avec la Chine ? Je ne connais pas un seul État de léAfrique centrale qui néa pas un partenariat ou une coopération avec la Chine. Tous les pays de léAfrique Centrale, dans leur totalité, ont une coopération avec la Chine. La Chine est présente dans tous les dix pays de léAfrique Centrale. Monsieur le Président, quels sont les enseignements que vous tirez du 5ème sommet des Brics auquel vous venez de prendre part, et que peut attendre le Tchad ? Céest un premier sommet qui nous a offert léopportunité, nous qui ne sommes pas membre des Brics, de participer, aux côtés de notre frère, le Président Zuma, qui a accepté de jouer le rôle de leadership. Les chefs déÉtats, présidents des comités régionaux ont pris part à ce sommet. Les membres des Brics sont au nombre de cinq, dont deux sont des grandes puissances avec un droit de véto au Conseil de Sécurité : la chine et la Russie. Ce sont des pays qui ont tenu à avoir des échanges avec nous, de faire passer le message suivant : « vous les africains, nous voulons avoir un partenariat stratégique avec vous ». Voilà le message fort qui nous a été transmis. Nous avons aussi dépassé notre vision de coopération avec les Brics. Parmi les pays africains, un seul pays siège au Sommet des Brics. Nous avons estimé nécessaire quéà partir des sommets à venir, que léUnion Africaine siège au nom de toute léAfrique. Il séagit déouvrir des perspectives nouvelles de coopération avec ces grands pays pour se désenclaver, pour mieux gérer et valoriser ces ressources naturelles. Le Président Zuma, la Présidente de la Commission africaine vont suivre les résultats de nos rencontres pour que léAfrique se rapproche des Brics pour un partenariat stratégique. La coopération peut se faire soit dans un cadre bilatéral, dans le cadre des comités régionaux, soit dans le cadre global. Il a été également question de créer une banque de développement qui ne va pas supplanter ni la Banque mondiale ni le Fonds Monétaire international (FMI). Cette initiative est encore en discussion mais céest important pour léAfrique déavoir un autre guichet pour financer les grands projets du continent. Ça sera au bénéfice des Brics mais aussi de léAfrique.

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