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mercredi 8 mai 2013

Président

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Le Chef de léÉtat IDRISS DEBY ITNO a accordé ce matin une audience au ministre gabonais des Affaires étrangères, M. Issozé Ngondet Emmanuel. Il est porteur déun message de son Président, Ali Bongo Ondimba é son homologue IDRISS DEBY ITNO.

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ; Monsieur le Président de léAssemblée Nationale ; Mesdames et Messieurs les Présidents des Grandes Institutions ; Messieurs les Anciens Présidents ; Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ; Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Représentants des Organisations Internationales ; Messieurs les Gouverneurs des Régions du HadjerLamis, du Kanem, du Lac, du Barh El Gazel ; Mes Frères et Séurs du HadjerLamis, du Kanem, du Lac et du Barh El Gazel ; Distingués invités ; Mesdames et Messieurs Je voudrais, avant tout propos, vous exprimer mes remerciements fraternels pour léaccueil combien chaleureux que vous méavez réservé et aussi pour votre forte mobilisation. Je lis sur votre visage votre fierté et votre joie de voir vos régions séouvrir être reliées à déautres régions du pays et séouvrir sur léextérieur. Votre réaction est légitime. Mais avant déévoquer le désenclavement de vos régions, je voudrais vous entretenir sur un sujet déactualité. En effet, comme vous le savez tous, jéai pris la décision il y a quelques jours déengager aux côtés des autres forces déployées au Mali, les troupes de léarmée tchadienne. En cette période toute particulière et en raison de léopportunité qui méest donnée de méexprimer aujourdéhui devant vous, il me semble important de revenir un tant soit peusur le sens de notre engagementdans ce pays frère. Pourquoi en parler ici me diriez-vous certainement? Le parallèle avec le contexte militaro-sécuritaire et politique de léheure est pourtant évident ? En effet, que représentent les efforts de tout un peuple ou de toute une nation pour améliorer son sort, pour se développer économiquement, si du jour au lendemainces efforts, souvent consentis au prix de lourds sacrifices, se retrouvent totalement annihilés par lavolonté seule nuisible, méprisable et obscurantiste déun groupuscule déindividus ? Le Tchad, notre pays, vous le savez tous, revient déassez loin. Pour avoir longtemps souffert des affres de la dictature et de nombreuses agressions extérieures - il est vrai de toute autre nature - nous savons mieux que quiconque que le combat que nous menons aujourdéhui au Mali est un combat pour la liberté et pour la démocratie, valeurs sacrées et inaliénables pour nos États. Le Tchad est à cet effet fier de contribuer au rétablissement de léintégrité territoriale du Mali et de réaffirmer ici avec détermination et conviction que nous nous opposerons avec vigueur à toutes les tentatives de déstabilisation de notre sous-région. Céest la raison pour laquelle, en plus du nécessaire soutien moral que je vous demande à tous et à toutes de fournir à nos troupes engagées sur le terrain, jéen appelle à la vigilance des populations du HadjerLamis, du Kanem, du Barh El Ghazal et du Lac pour constituer un obstacle infranchissable à toutes les formes de fanatisme ou déintégrisme religieux et pour rejeter de la façon la plus vigoureuse léextrémisme déoù quéil vienne. Cautionner ces pratiques déun autre âge revient en effet à une régression de plusieurs siècles en arrière auquel il me paraît impossible déassimiler les peuples qui constituent le Tchad déaujourdéhui. Tolérer parmi nous la présence des fanatiques, des narcotrafiquants et des terroristes équivaut : - à accepter notre autodestruction ; - à avaliser un suicide collectif ; - à la destruction de notre patrimoine identitaire, culturel, historique ; - à la perte de nos valeurs laïques et républicaines ; - à la disparition de notre cher et beau pays, le Tchad pays de Toumaï. A moins de méêtre trompé déépoque ou de pays, je doute que cela soit vos aspirations, populations du HadjerLamis, populations du Lac, populations du BarhEl Ghazal, populations du Kanem, peuple du Tchad. Céest pourquoi mes propos déaujourdéhui sont avant tout un appel à la vigilance mais aussi un appel renouvelé à consolider la paix dans notre pays. Jéespère que ces propos liminaires vous auront permis de mesurer léimportance de la stabilité politique comme fondement à la fois de la démocratie et du développement. Mesdames, Messieurs, Jéai pris léengagement pour ce nouveau quinquennat de la Renaissance, de faire du Tchad une nation prospère et émergente. Vous vous souviendrez toutefois que bien avant ce mandat déjà, notre vision et nos actions étaient coordonnées et orientées dans cette perspective. Céest dans ce cadre que nous avons initié et réalisé de grands projets structurants au nombre desquels figurent, par exemple, la cimenterie de Baoré et la raffinerie de Djermaya, mais céest également le cas des nombreuses infrastructures de base et des réalisations effectuées dans le domaine des routes. Le Ministre des Infrastructures ici présent vous donnera dans les détails le nombre de routes bitumées ou de kilomètres réalisés. Je voudrais, pour ma part, relever que les routes constituent un facteur essentiel pour le développement déun pays, comme le nôtre, dépourvu de littoral. A cet effet, je me réjouis du lancement des routes Massakory-Ngouri-Bol-Bagasoula-frontière Niger ;Massakory-Moussoro et Ngouri-Mao pour lesquelles nous procédons aujourdéhui au premier coup de pioche, en ce quéelles contribueront au renforcement du désenclavement intérieur et extérieur du Tchad et quéelles séintègrent parfaitement dans la stratégie du Gouvernement déouvrir notre pays sur léextérieur. A cet effet, la route Massakory-Ngouri-Bol-Bagasoula-frontière Niger, qui vise la facilitation des transports entre NéDjaména et Niamey, donnera à notre pays un accès sur léOuest de léAfrique, et lui offrira, en plus des échanges et du renforcement des brassages déjà existant entre les peuples frères de cette sous-région, léopportunité de se raccorder sur les ports maritimes de Lomé au Togo et de Cotonou au Bénin, ainsi quéà ceux situés au Nord de léAfrique,aussi bien pour léimportation que léexportation des marchandises. En outre, sur le plan purement interne, il est à relever que tous les tronçons concernés amélioreront incontestablement les conditions de transport terrestre entre les localités traversées du Kanem, du Lac et du Barh El Gazel et permettront léévacuation vers la capitale et les autres villes du pays des produits de léagriculture, de léélevage et du commerce florissant dans ces contrées. Ces aspects seront nécessairement à prendre en considération dans léoptique déun meilleur approvisionnement des marchés et de la réduction de la pauvreté. Vous léaurez compris, à travers la réalisation de ces routes, les enjeux sont à la fois déordre géopolitiques, économiques et commerciaux, stratégiques. Mais, il convient aussi de relever que la réalisation de ces tronçons porte également une valeur historique qui mérite déêtre rappelé. Le Sahara, vaste espace déserte, a servi de tout temps de trait déunion entre les peuples disséminés parfois sur plusieurs pays. La route Massakory-Bol-RigRig-Frontière Niger, longue de 446 km est une section du segment tchadien de la route Transafricaine dénommée «La Transsaharienne», dont léobjectif est de restaurer les liens séculaires entretenus durant des siècles par nos ancêtres.Céest dans ce but notamment que le Comité de Liaison de la Route Transsaharienne (CLRT), a été mis en place au début des années 1960 par des hommes politiques africains clairvoyants. Ayant évolué à des vitesses différentes dans les différents pays quéelle traverse, la transsaharienne néa jamais cessé depuis lors de se construire.Notre pays, resté quelque peu en retard dans ce processus trouve donc aujourdéhui le moyen de se rattraper avec la construction du maillon constitué par la route Massakory-Ngouri-Bol-Frontière Niger, qui viendra compléter les 150 km déjà construits reliant NéDjaména àMassakory. Céest un défi de taille à relever. Je puis toutefois vous assurer que le Gouvernement séest engagé à gagner le pari avec le concours de ses partenaires techniques et financiers au nombre desquels la BID, la BADEA, léOPEP, le Fonds Koweitien, le Fonds Saoudien, la BDEAC et la BAD qui ont mobilisé des financements conséquents pour la réalisation du projet. Je leur en suis infiniment reconnaissant. Mesdames, Messieurs, Les projets des routes Massakory-Moussoro et Ngouri-Mao sont également déune importance capitale dans la mesure où ils permettront déaccélérer léexploitation des ouadisdont sont richementdotés les régions du Barh-El Gazal et du Kanem qui partagent en outre des frontières terrestres avec de nombreuses autres régions du Tchad que de pays voisins. En effet, nous savons que ces régions regorgent déimmenses potentialités tant dans le domaine agricole et pastoral que dans le domaine minier. Jéen veux pour preuve léapprovisionnement régulier de NéDjaménaen dattes, oignons, citrons, et natron provenant de ces ouadis, malgré la très mauvaise qualité des routes. Par ailleurs, il néest pas inutile de rappeler que le BarhEl Ghazal constitue une zone déélevage par excellence. Le marché à bétail de Moussoro, qui compte à cet effet parmi les plus importants du pays, ravitaille aussi bien la Lybie, le Soudan, léEgypte et la zone méridionale.Avec la mise en éuvre de ces projets routiers, la production et la distribution de ces richesses séen trouveront améliorées. Je voudrais, pour finir, en relevant que ces infrastructures routières constituent le point de départ déun réseau routier bitumé qui desservira toute la région septentrionale du pays, remercier nos partenaires chinois, et notamment EXIMBANK CHINE pour leur engagement, une fois de plus, aux côtés de la République du Tchad pour la mobilisation des ressources financières nécessaires à la réalisation du tronçon Massakory-Moussoro. Je vous remercie

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