Discours de Son Excellence Madame HINDA DEBY ITNO,Présidente de lOPDAS, à louverture du Dialogue de haut niveau des Premières Dames. (New York, le 22 Septembre 2014)
Madame la Présidente de la Commission de l'Union Africaine, Mesdames les Premières Dames ; Monsieur le Directeur Exécutif du Fonds des Nations Unies pour la Population ; Mesdames, Messieurs les Chefs des Missions diplomatiques et Consulaires ; Distingués Invités ; Mesdames, Messieurs. Je voudrais, au nom de l'Organisation des Premières Dames d'Afrique contre le SIDA (OPDAS) que j'ai lhonneur et le privilège de présider, vous adresser mes sincères remerciements pour votre présence à cette importante cérémonie. La configuration de la salle témoigne de l'intérêt que vous portez à la problématique de la santé maternelle et néonatale en général, et la situation des adolescentes et filles en matière de santé sexuelle et de la reproduction en Afrique en particulier. Je saisis cette occasion pour exprimer toute ma gratitude au Directeur Exécutif de l'UNFPA et à toute son équipe pour leur disponibilité constante ayant conduit à lorganisation de cette rencontre. Mesdames, Messieurs ; Depuis sa création en juillet 2002, lOPDAS s'est engagée résolument dans la lutte pour l'amélioration de la santé maternelle, néonatale et infantile et contre toutes les formes de violences faites aux femmes et à la jeune fille. La Campagne pour l'Accélération de la Réduction de la Mortalité Maternelle en Afrique (CARMMA) constitue pour nous, un instrument essentiel de renforcement de cet engagement dans nos différents pays. Tout en nous réjouissant des progrès enregistrés à ce jour, grâce à la mobilisation de nos États respectifs et de lappui constant de nos partenaires techniques et financiers, il faut reconnaitre que le tableau en matière de Droits à la Santé sexuelle et de la reproduction, demeure globalement peu reluisant. L'Afrique Sub-saharienne, se distingue toujours par la prépondérance des grossesses non désirées, précoces ou tardives, des naissances non planifiées, des avortements à risque, des décès maternels d'adolescentes, des violences sexuelles et des mariages précoces. Mesdames, Messieurs ; En Afrique, plus de 16 millions dadolescentes accouchent chaque année avec des risques énormes. Il est également établi que les filles de moins de 15 ans sont cinq fois plus susceptibles de mourir lors de l'accouchement que les femmes plus âgées. Elles courent également deux fois plus de risque de se retrouver avec une fistule obstétricale fortement handicapante pour leur vie et leur bien-être. Si rien nest fait dici là, nous aurons enregistré entre 2011 et 2020,142 millions denfants qui auront été mariés de force sur notre continent. Ces adolescentes sont l'objet des pires formes de violences basées sur le genre et d'un déni systématique des droits en matière de santé sexuelle et de la reproduction : elles ont rarement accès aux services de santé maternelle et l'utilisation de la contraception. Ce faisant, elles restent exposées et vulnérables à l'infection à VIH. Aujourd'hui encore, on dénombre dans certains pays africains jusqu'à 57% de filles âgées de 10 à 14 ans qui ne sont pas scolarisées. Face à cette précarité, les Premières Dames d'Afrique par ma voix, en appellent à la mobilisation de tous pour travailler à inverser les tendances et améliorer la santé sexuelle et reproductive au profit des adolescents et jeunes dans notre continent. Pour ce faire, nous demandons à la Commission de l'Union Africaine, d'encourager les États membres à revoir leurs législations nationales afin de porter l'âge minimum au mariage à 18 ans pour les jeunes filles et à veiller à l'application stricte des lois nationales et instruments internationaux protégeant les adolescentes. Mesdames, Messieurs, Suivant les estimations des Agences du Système des Nations Unies et de la Banque Mondiale, près de 500 femmes meurent chaque jour en Afrique, des causes liées à la grossesse ou à l'accouchement, soit 1 femme toutes les trois minutes. C'est ainsi qu'au terme d'une seule année, lAfrique enregistre près de 181 000 décès maternels soit 60% de la totalité des décès maternels survenus dans le monde. Les enfants ne sont pas mieux lotis ; en dépit des progrès énormes réalisés en matière de santé infantile ces dernières années, notre continent continue à enregistrer également les plus forts taux de mortalité infantile avec le décès d'un enfant sur 8 avant lâge de cinq ans contre 1 sur 167 dans les pays développés. Distingués invités ; Mesdames, Messieurs ; Je voudrais me féliciter des efforts importants faits dans nos différents pays pour rendre la césarienne et les soins pré et post accouchements gratuits. Dans de nombreux pays africains aujourdhui, la prise en charge des enfants de 0 à 4 ans est gratuite dans toutes les structures sanitaires, celles des femmes enceintes aussi. Dans le domaine de la lutte contre les fistules obstétricales, la gratuité est la règle presque partout. Mesdames, Messieurs, Je tiens à réaffirmer la ferme détermination des Premières Dames dAfrique réunies au sein de lOPDAS, à contribuer à toutes les initiatives visant lamélioration de la santé de la mère et de lenfant en Afrique, ainsi que lémergence dune génération sans Sida et sans nouvelle infection du VIH, et dune façon plus générale, à lamélioration des conditions de vie des couches les plus vulnérables de notre cher continent. LOPDAS, par ma voix, demande à la communauté internationale dans son ensemble daccorder une priorité absolue aux femmes, aux adolescents et jeunes, particulièrement en Afrique dans lagenda post-2015 en définissant clairement un objectif spécial portant sur la promotion de la santé sexuelle et de la reproduction des adolescents et jeunes pour une réduction subséquente de la mortalité maternelle, néonatale et infantile ainsi que léradication de la pandémie du VIH/ Sida. Nous voulons dun continent qui offre aux jeunes filles et garçons, les mêmes opportunités en matière déducation et le droit au mariage consentant. Tout ceci est possible et réalisable, si nous le voulons tous, si nous y travaillons tous, si nous y consacrons lénergie, les ressources et la volonté nécessaires. Vouloir cest pouvoir. « Plus jamais, aucune femme ne doit mourir en donnant la vie ! Plus jamais, aucune adolescente ne devra être mariée précocement et plus jamais, contre son gré ! Tous les enfants et les jeunes ont droit à léducation, à la santé et à la protection contre les maladies sexuellement transmissibles dont le SIDA. » Je vous remercie.